Une expérimentation citoyenne, chiffrée et sourcée. Pas une candidature, pas un parti — ouverte au débat.

Chiffrons

Plan Eau France 2032 — sobriété -25 %, fin des 20 % fuites réseaux, REUT à 15 %, mégabassines conditionnées, agriculture adaptée, tarification 3 paliers, lutte piscines/pelouses, réensauvagement, Ministère délégué à l'Eau

Doter la France d'une politique de l'eau digne de la crise hydrique qu'elle traverse depuis 5 étés consécutifs (700+ communes en rupture d'eau potable, nappes phréatiques au plus bas historique, ~20 % des prélèvements perdus en fuites réseaux, REUT à <1 % contre 90 % en Israël). Neuf axes cohérents : (A) Sobriété eau -25 % en 5 ans par usage (agriculture -20 %, industrie -30 %, foyers -10 %) avec compteurs intelligents généralisés ; (B) Modernisation massive des réseaux d'eau potable — plan 5 Md€ pour passer de 20 % à 10 % de fuites en 5 ans (norme européenne), priorité communes rurales ; (C) REUT (Réutilisation Eaux Usées Traitées) — passer de <1 % à 15 % en 5 ans (modèle Israël/Espagne), 2 Md€ pour stations REUT, cadre réglementaire clarifié ; (D) Stockage stratégique mixte — priorité restauration zones humides (rôle éponge naturel) + retenues collinaires décentralisées + mégabassines encadrées démocratiquement (SAGE validé + concertation citoyenne + preuve de sobriété préalable obligatoires) ; (E) Agriculture — plan sécheresse, cultures hydro-adaptées, aide reconversion cultures gourmandes, programme INRAE 200 M€/an ; (F) Refonte gouvernance et agences de l'eau — tarification 3 paliers (Vital gratuit-socle 40 m³/pers/an, Confort 40-80 tarif marché, Luxe >80 tarif majoré ×3), budget agences doublé (2 → 4 Md€/an) via redevances pollueur-payeur renforcées, SDAGE opposables ; (G) Adaptation urbaine « villes-éponges » — désimperméabilisation obligatoire, réservoirs pluvie pour toute construction >200 m², îlots de fraîcheur végétalisés ; (H) Lutte contre les usages luxe (piscines privées, pelouses arrosées en été) + réensauvagement — taxation piscine estivale +50 %, arrosage pelouses interdit mai-septembre en zone tendue, prime réensauvagement 500 €/ha/an pour terrains privés convertis, conversion 10 000 ha d'espaces publics délaissés en milieux sauvages ; (I) Création d'un Ministère délégué à l'Eau (rattaché Ministère du Climat et de l'Énergie déjà voté) + Institut National de l'Eau comme opérateur technique (fusion BRGM volet eau + INRAE eau + Cieau). Coût brut ~11,5 Md€ sur 5 ans, recettes/économies ~6,2 Md€, net ~+5,3 Md€ sur 5 ans.

Coût brut

11.5 Mds €

Coût net

5.3 Mds €

Vecteur juridique

Loi ordinaire (Code de l'environnement + Code rural + Code général des collectivités) + LF + décrets + révision SDAGE

Diagnostic

La France est entrée dans une crise hydrique structurelle, et ne s'est pas dotée des moyens de la traiter. L'été 2022 a marqué un basculement historique — depuis, 5 étés consécutifs de sécheresse, 700+ communes en rupture d'alimentation, nappes phréatiques au plus bas historique. Le système hydrique français, hérité du modèle des Trente Glorieuses (abondance présumée + gestion administrative), n'est plus adapté au climat 2025-2050.

Chiffres clés (BRGM, ONEMA/OFB, Cieau, Cour des comptes 2024) :

  • Ressource en eau France : ~200 milliards de m³/an disponibles.
  • Prélèvements annuels : ~30 milliards de m³/an, dont :
    • ~50 % refroidissement centrales électriques (largement restitué).
    • ~15 % agriculture (irrigation) — ~10 Md m³/an, en pleine consommation.
    • ~20 % eau potable domestique — ~6 Md m³/an.
    • ~15 % industrie.
  • Fuites réseaux eau potable : ~1 milliard de m³/an perdus (~20 % des prélèvements), soit la consommation annuelle de 15 M Français. Norme européenne : <10 %. Certaines communes rurales : jusqu'à 40 % de fuites.
  • Réutilisation eaux usées traitées (REUT) :
    • France : <1 % — retard massif.
    • Espagne : 8 %.
    • Israël : 90 % — modèle mondial (transposable).
    • Objectif européen 2030 (Règlement UE 2020/741) : 25 %.

État des nappes phréatiques (BRGM 2024) :

  • ~65 % des nappes phréatiques françaises étaient en dessous des normales saisonnières en octobre 2024.
  • Nappes du sud-est (Provence, Languedoc) : bas historiques 30-40 % sous la normale.
  • Aquifère beauceron (nappe de Beauce) : équilibre fragile, dépendance forte agriculture céréalière.
  • Nappes littorales atlantiques : intrusions salines en progression (Vendée, Charente, Landes).

Sécheresses et impact humain :

  • ~700 communes en rupture d'eau potable l'été 2022 (Cieau) — obligation d'apport par citerne.
  • ~1 500 communes en restrictions renforcées été 2023-2024.
  • Impact santé publique : maladies liées à eau non potable (gastro, salmonelles), stress thermique aggravé en zones asséchées.
  • Impact biodiversité : mortalité massive poissons (>1 M dans les cours d'eau français en 2022-2023).

Agriculture et conflits d'usage :

  • ~10 milliards de m³/an prélevés pour irrigation, principalement maïs (Sud-Ouest), maraîchage (Provence), et arboriculture.
  • Conflit d'usage aigu : agriculture (retenues, mégabassines) vs environnement (débit écologique) vs eau potable (nappes).
  • Mégabassines : Sainte-Soline (79) est devenue emblématique du conflit — 8 000 opposants, 4 blessés graves en mars 2023. Débat non tranché politiquement.

Piscines et usages « luxe » :

  • ~3,4 millions de piscines privées en France — 2ᵉ parc européen après Espagne (INSEE 2024).
  • Consommation moyenne : ~30-60 m³/piscine/an (remplissage + évaporation + traitement) — équivalent 6 mois de consommation d'un Français.
  • Pic de consommation été : concentration des remplissages/vidanges en juin-août, aggravant la tension hydrique estivale.
  • Pelouses arrosées : ~2 M de foyers arrosent régulièrement — consommation ~10-20 m³/an/foyer.

Gouvernance actuelle éclatée et sous-dotée :

  • 6 agences de l'eau (Adour-Garonne, Artois-Picardie, Loire-Bretagne, Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée-Corse, Seine-Normandie) — budget global ~2,2 Md€/an, financement principal redevances pollueur-payeur mais taux plafonnés.
  • Directive Cadre sur l'Eau (2000) : objectifs bon état 2015 puis 2027 — France très en retard (~44 % des masses d'eau en bon état, cible 100 % en 2027). Amendes UE en préparation.
  • SDAGE (Schémas Directeurs d'Aménagement et de Gestion des Eaux) : plans non opposables, exécution disparate.
  • BRGM, INRAE, Cieau, agences de l'eau, Ministère de la Transition écologique, Ministère de l'Agriculture — compétences fragmentées, coordination faible.

Modèles étrangers pertinents :

  • Israël — leader mondial de la souveraineté hydrique : REUT 90 % (irrigation agricole exclusivement en eaux usées traitées), dessalement massif (~600 M m³/an), tarification progressive stricte. Autosuffisance hydrique atteinte malgré 60 % de désert.
  • Espagne — REUT 8 %, dessalement, tarification progressive. Plan Hidrológico Nacional (2001, révisé 2020) : gestion intégrée bassins.
  • Pays-Bas — Rijkswaterstaat + Waterschappen : agences décentralisées avec ressources fiscales propres, gestion millénaire d'un pays sous le niveau de la mer.
  • Australie — Murray-Darling Basin Authority : gestion collective de bassin par marché de droits d'eau et rachats étatiques pour restauration environnementale.
  • Danemark — Vandforsyning : réseaux à faibles fuites (<7 %), tarification progressive, forte culture de la sobriété.
  • Portugal — POSEUR + REUT : plan de résilience hydrique 2020, financement européen NextGenerationEU 1,5 Md€.

Ce que le programme a déjà voté sur ce sujet :

  • Plan France Climat 2030 — mention brève « eau, forêts, agroécologie » dans le Pilier 5 (Adaptation). Insuffisant.
  • Outre-mer stratégique — Axe B Plan Eau Outre-mer : 2 Md€ sur 5 ans pour Mayotte + Guadeloupe. Cette mesure ne couvre pas la métropole.
  • Agriculture & souveraineté alimentaire — cohérence sur cultures hydro-adaptées à approfondir.
  • Construire local et durable — cohérence sur désimperméabilisation urbaine.
  • Logement complet — cohérence sur récupération pluviale.

Le paradoxe français : le pays de la loi sur l'eau 1964 (l'une des plus avancées d'Europe à l'époque) n'a pas actualisé sa politique hydrique face au défi climatique. Cette mesure remet la France au niveau des standards contemporains.

Mesure

Sommaire des 9 axes :

  • Axe A — Sobriété eau -25 % en 5 ans
  • Axe B — Modernisation réseaux — fin des 20 % de fuites
  • Axe C — REUT (Réutilisation Eaux Usées Traitées) — <1 % à 15 %
  • Axe D — Stockage stratégique mixte (zones humides + retenues + mégabassines conditionnées)
  • Axe E — Agriculture — plan sécheresse et transition
  • Axe F — Refonte gouvernance et tarification 3 paliers
  • Axe G — Adaptation urbaine « villes-éponges »
  • Axe H — Lutte contre les usages luxe (piscines, pelouses) + réensauvagement
  • Axe I — Ministère délégué à l'Eau + Institut National de l'Eau

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Axe A — Sobriété eau -25 % en 5 ans

Objectif chiffré global de réduction des prélèvements de 25 % en 5 ans, par usage :

UsageRéduction cible en 5 ans
Agriculture (irrigation)-20 %
Industrie-30 %
Foyers domestiques-10 %
Refroidissement centrales-15 % (via mix électrique décarboné cohérence Plan France Climat)

Outils :

  • Compteurs intelligents généralisés — d'ici 2028, 100 % des foyers et entreprises équipés de compteurs communicants (déjà partiel Linky-eau, à généraliser).
  • Suivi temps réel de la consommation sur application citoyenne (« MonEau.gouv.fr »).
  • Alertes personnalisées en cas de dépassement du palier Confort (Axe F).
  • Diagnostic obligatoire sobriété eau pour les grandes copropriétés, entreprises >50 salariés, exploitations agricoles >20 ha.

Coût État : ~200 M€/an de subvention pour l'équipement des ménages modestes.

Axe B — Modernisation réseaux — fin des 20 % de fuites

Le plus grand gisement d'eau français, invisible et scandaleux.

Plan national de modernisation des réseaux d'eau potable :

  • Cible : passer de 20 % à 10 % de fuites en 5 ans (norme européenne).
  • Investissement : ~5 Md€ sur 5 ans (~1 Md€/an), cofinancement État (50 %) + agences de l'eau (30 %) + communes/EPCI (20 %).
  • Priorité communes rurales — 40 % des fuites concentrées dans <10 % du territoire.

Outils :

  • Cartographie complète et open source de l'état des réseaux (via drones + capteurs acoustiques + IA détection de fuites) — investissement 200 M€ initial.
  • Programme national de renouvellement des canalisations en fonte grise (les plus vulnérables, ~30 % du réseau).
  • Formation massive aux métiers de la maintenance eau : +5 000 emplois nets sur 5 ans.
  • Contrainte réglementaire : les EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale) qui n'atteignent pas les cibles perdent leur autorité de gestion, transférée à l'agence de l'eau (garde-fou pour éviter l'inaction locale).

Économies attendues :

  • ~1 Md m³/an récupérés = équivalent consommation de 15 M Français.
  • ~300 M€/an d'économies de traitement (eau non prélevée = eau non traitée).

Axe C — REUT (Réutilisation Eaux Usées Traitées) — <1 % à 15 %

Le levier le plus efficace mondialement (modèle Israël 90 %, Espagne 8 %).

Cadre réglementaire clarifié :

  • Suppression des obstacles réglementaires aujourd'hui prohibitifs (normes sanitaires très strictes bloquant tout projet).
  • Alignement sur le Règlement UE 2020/741 (irrigation) et normes techniques à ajuster pour usages non alimentaires (arrosage public, nettoyage voirie, industrie).
  • Catégorisation en 4 niveaux qualité :
    • A : irrigation cultures alimentaires consommées crues.
    • B : irrigation cultures alimentaires cuites, arrosage public accessible.
    • C : irrigation cultures non alimentaires (fourrage, biocarburants).
    • D : usages industriels, nettoyage voirie.

Investissement : ~2 Md€ sur 5 ans pour :

  • Modernisation des stations d'épuration — passage au traitement tertiaire (adsorption, désinfection UV, membranes).
  • Réseaux de distribution REUT dédiés (canalisations violettes pour distinguer, comme en Israël).
  • Stations de reminéralisation pour usages industriels/agricoles.

Cibles :

  • 10 % de REUT en 3 ans, 15 % en 5 ans, 25 % en 10 ans (aligné cible UE 2030).
  • Priorité géographique : arc méditerranéen (Provence, Languedoc, Corse) où la tension hydrique est maximale.

Coopération : partenariat scientifique avec Israël (Weizmann Institute, Mekorot) — Israël prêt à partager sa maîtrise technologique dans le cadre d'un accord bilatéral (déjà exploré 2023, à confirmer).

Axe D — Stockage stratégique mixte (zones humides + retenues + mégabassines conditionnées)

Cet axe assume une position de compromis républicain sur le sujet le plus polémique de la politique de l'eau française — les mégabassines.

Ordre de priorité assumé :

Priorité 1 — Restauration massive des zones humides (rôle éponge naturel)

  • Objectif : 50 000 ha restaurés en 5 ans — cohérence directive UE Restauration de la Nature 2024.
  • Financement : 500 M€ sur 5 ans (agences de l'eau + Ministère + fonds européens LIFE).
  • Sanctuarisation des zones humides restantes (interdiction d'assèchement sauf dérogation exceptionnelle motivée).
  • Rachats fonciers stratégiques par le Conservatoire du Littoral et les agences de l'eau.

Priorité 2 — Retenues collinaires décentralisées

  • Petites retenues (< 100 000 m³) locales, décentralisées, cofinancées par les agriculteurs et les collectivités.
  • Pas de mobilisation massive de nappes phréatiques — remplissage par ruissellement pluvial hivernal exclusivement.
  • ~1 500 nouvelles retenues collinaires en 5 ans — ~500 M€ d'investissement État.
  • Contrôle strict : capacité, remplissage, usage — évaluation SDAGE.

Priorité 3 — Mégabassines encadrées démocratiquement (position centrale assumée)

Ni interdites ni encouragées, encadrées.

Une mégabassine (> 100 000 m³) ne peut être autorisée qu'à trois conditions cumulatives :

  1. SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux) validé au niveau du bassin concerné, incluant la mégabassine dans un plan de sobriété global.
  2. Concertation citoyenne obligatoire avec référendum d'initiative locale (RIL) possible si 5 000 signatures — cohérence Démocratie directe à la suisse.
  3. Preuve de sobriété préalable : les exploitants demandeurs doivent démontrer une baisse effective de leur consommation d'eau (-15 % en 3 ans) avant tout projet, avec contrôle indépendant. Sans cette preuve, pas de bassine — sinon on subventionne le confort et non la transition.

Retenues existantes : mise en conformité obligatoire aux 3 conditions dans les 5 ans — sinon fermeture progressive.

Investissement État : 500 M€ sur 5 ans (dont ~300 M€ pour la mise en conformité des retenues existantes).

Axe E — Agriculture — plan sécheresse et transition

Le premier consommateur d'eau doit être le premier réformateur.

Cultures hydro-adaptées :

  • Recherche INRAE renforcée : +200 M€/an dédiés à la sélection variétale résistante sécheresse (blé dur, tournesol, sorgho, mil, légumineuses).
  • Programme national de diffusion aux 300 000 exploitations françaises.
  • Aide reconversion cultures gourmandes en eau (maïs irrigué → cultures moins consommatrices) : ~500 M€ sur 5 ans, priorité aux petites exploitations (< 50 ha) pour éviter la concentration.

Agroforesterie et couverts végétaux permanents :

  • Prime 300 €/ha/an pour agroforesterie et couverts végétaux permanents (améliorent la rétention en eau des sols de 30 %).
  • Cohérence Agriculture & souveraineté alimentaire déjà voté.

Système d'alerte et de restriction saisonnière :

  • Application « MonEau.gouv.fr » pour les agriculteurs — alertes personnalisées, prévisions sécheresse, quotas d'irrigation dynamiques.
  • Restrictions préfectorales renforcées en cas d'alerte sécheresse (déjà existant, à faire appliquer effectivement — moins de 50 % de respect aujourd'hui).

Coût État : ~1 Md€ sur 5 ans (transition cultures + INRAE + prime agroforesterie).

Axe F — Refonte gouvernance et tarification 3 paliers

Le levier le plus puissant sur la sobriété domestique.

Tarification progressive en 3 paliers, opposable à tous les gestionnaires :

PalierConsommation par personne et par anTarif
Palier 1 « Vital »0 à 40 m³/pers/anTarif socle bas — droit fondamental d'accès à l'eau
Palier 2 « Confort »40 à 80 m³/pers/anTarif marché
Palier 3 « Luxe »> 80 m³/pers/anTarif majoré ×3 — dissuasif

Précisions :

  • Comptage par foyer, avec ajustement selon composition — un couple avec 3 enfants a droit à 5 × 40 = 200 m³/an au tarif Vital.
  • Adaptation piscines et pelouses : les consommations liées aux piscines et pelouses sont automatiquement classées Palier 3 (comptées séparément si compteur dédié).
  • Redistribution : les surrecettes du Palier 3 financent la baisse du Palier Vital pour les foyers en précarité hydrique.

Renforcement des agences de l'eau :

  • Budget doublé : 2,2 → 4,4 Md€/an en 5 ans.
  • Financement principal : redevances pollueur-payeur ajustées (déplafonnement pour les gros pollueurs — industrie chimique, agriculture intensive, activités touristiques haute saison).
  • Représentation citoyenne aux conseils d'administration renforcée (fin de la sur-représentation des usages industriels et agricoles).

SDAGE (Schémas Directeurs d'Aménagement et de Gestion des Eaux) opposables :

  • Les SDAGE deviennent juridiquement opposables à toutes les décisions publiques (permis de construire, autorisations agricoles, projets industriels) — aujourd'hui trop rarement appliqués.
  • Sanction possible en cas de non-respect : suspension d'autorisation, amende administrative.

Coût État : neutre (redéploiement redevances). Effet redistributif fort : les foyers modestes gagnent du pouvoir d'achat via Palier Vital, les foyers luxe paient au réel.

Axe G — Adaptation urbaine « villes-éponges »

Modèle inspiré des « sponge cities » chinoises et de la gestion à la source des Pays-Bas.

Désimperméabilisation obligatoire des grands projets urbains :

  • Tout projet urbain >2 ha doit prévoir 50 % de surfaces perméables (jardins, parcs, revêtements drainants, zones humides urbaines).
  • Toitures végétalisées obligatoires pour tout bâtiment neuf >500 m².
  • Fin des parkings imperméabilisés — obligation de dalles alvéolaires drainantes.

Réservoirs de récupération pluviale :

  • Obligatoires pour toute construction neuve > 200 m² (habitation ou tertiaire).
  • Utilisation pour arrosage, WC, nettoyage — économie ~30 % de la consommation d'eau potable domestique.
  • Prime installation pour rénovation : 500 €/citerne subventionnée par les agences de l'eau.

Îlots de fraîcheur végétalisés :

  • Cible : 10 000 îlots de fraîcheur créés en 5 ans dans les 200 principales villes françaises.
  • Cofinancement avec Politique de la ville + Logement complet.
  • Effet double : rafraîchissement urbain + biodiversité + rétention eau pluviale.

Coût État : ~1 Md€ sur 5 ans (dont subventions citernes + îlots).

Axe H — Lutte contre les usages luxe + réensauvagement

L'axe le plus radical politiquement, mais le plus lisible pour le grand public : quand la Nation manque d'eau, les piscines et pelouses arrosées deviennent inacceptables.

Piscines privées :

  • Interdiction de remplissage/vidange entre 15 juin et 15 septembre en cas d'alerte sécheresse (déjà existant par arrêté préfectoral, à généraliser sans dérogation).
  • Taxe piscine estivale +50 % : les piscines privées paient +50 % sur leur consommation d'eau du 1er juin au 30 septembre.
  • Interdiction création nouvelles piscines privées dans les 30 départements en tension hydrique structurelle (validée par SAGE — cohérence Axe F).
  • Bâches anti-évaporation obligatoires en été (économisent 30-40 % de la consommation d'une piscine).

Recettes attendues : ~100 M€/an de taxe piscine estivale.

Pelouses arrosées :

  • Arrosage pelouses privées interdit de mai à septembre en zone tendue (~40 départements) — sanction 750 € d'amende.
  • Bonus fiscal « pelouse ré-ensauvagée » : réduction d'impôt de 500 € pour convertir >30 % de son terrain en prairie sauvage, jardin méditerranéen ou zone humide.
  • Fin de la fauche systématique des bords de route et espaces publics — économies + biodiversité.

Réensauvagement :

  • Prime réensauvagement 500 €/ha/an pour propriétaires privés convertissant leurs terrains en milieux sauvages (surfaces >1 ha, engagement 20 ans).
  • Conversion de 10 000 ha d'espaces publics délaissés (délaissés SNCF, bords autoroutes, terrains militaires, friches industrielles publiques) en milieux sauvages — sans coût foncier.
  • Modèle inspirant : Knepp Estate (Royaume-Uni) — 3 500 ha réensauvagés en 20 ans, retour spectaculaire de la biodiversité + revenus tourisme et éducation.
  • Cofinancement : agences de l'eau + Ministère écologie + fonds européens LIFE.

Coût État : ~300 M€ sur 5 ans (primes + conversions publiques + contrôles).

Symbolique politique : la République assume que l'eau est un bien commun. Le confort individuel des uns ne peut pas se financer sur la ressource commune quand celle-ci est en tension.

Axe I — Ministère délégué à l'Eau + Institut National de l'Eau

Traduire politiquement la crise hydrique par une structure dédiée.

Ministère délégué à l'Eau :

  • Rattaché au Ministère du Climat et de l'Énergie créé par Plan France Climat 2030 — cohérence institutionnelle assumée (éviter la démultiplication administrative).
  • Ministre délégué à l'Eau avec autonomie budgétaire et administrative — équivalent en importance aux autres ministres délégués (ex. Petites Entreprises, Transports).
  • Rassemble les compétences aujourd'hui dispersées entre :
    • Ministère de la Transition écologique (Direction de l'Eau et de la Biodiversité).
    • Ministère de l'Agriculture (usages agricoles).
    • Ministère de la Santé (eau potable).
    • Ministère de l'Intérieur (préfets, arrêtés sécheresse).
  • Autorité de coordination sur les agences de l'eau, opérateurs, préfets.
  • Loi de programmation Eau quinquennale — priorités et budget votés par le Parlement.

Institut National de l'Eau (INE) :

  • Nouvel opérateur technique national — fusion :
    • BRGM volet eau (hydrogéologie, aquifères).
    • INRAE volet eau (recherche agronomique et sécheresse).
    • Cieau (information et sensibilisation).
    • OFB volet eau (biodiversité aquatique).
  • Mission : recherche, expertise, prospective, formation, coopération internationale.
  • Budget : ~500 M€/an (redéploiement des budgets existants + renforcement).
  • Siège à Montpellier (cluster international de l'eau, ex-siège Suez Environnement, université de Montpellier).

Coopération internationale :

  • Partenariat stratégique avec Israël (Mekorot, Weizmann Institute) — dessalement, REUT.
  • Partenariat avec Pays-Bas (Rijkswaterstaat) — gestion des inondations et des fleuves.
  • Contribution française renforcée à l'ONU-Eau (bureau à Genève).

Programme de formation métiers de l'eau :

  • 10 000 formations spécialisées sur 5 ans : hydrogéologues, ingénieurs REUT, opérateurs de stations, techniciens de maintenance réseaux.
  • Cohérence apprentissage + Service National voie civique.

Coût État : ~500 M€ sur 5 ans (Ministère délégué + création INE + formations + coopération).

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  • Plan France Climat 2030 — le Ministre délégué à l'Eau est rattaché au Ministère du Climat et de l'Énergie créé par cette mesure. Cohérence institutionnelle.
  • Outre-mer stratégique — le Plan Eau Outre-mer (2 Md€ déjà voté) reste distinct et complémentaire.
  • Agriculture & souveraineté alimentaire — cohérence transition cultures hydro-adaptées.
  • Construire local et durable — cohérence désimperméabilisation et récupération pluviale.
  • Logement complet — cohérence RE2030 sur récupération pluviale des constructions neuves.
  • Politique de la ville et banlieues — cofinancement îlots de fraîcheur.
  • Démocratie directe à la suisse — RIL possible pour les projets de mégabassines contestés.
  • Précarité énergétique — cohérence subvention équipement compteurs eau intelligents pour foyers modestes.
  • Numérique souveraineté — application MonEau.gouv.fr hébergée en cloud souverain.
  • Réduction 120 000 agents publics — le Ministère délégué à l'Eau ne crée pas d'effectifs nets supplémentaires (redéploiements).

Public cible

Bénéficiaires directs :

  • Population française dans son ensemble — sécurisation de l'approvisionnement en eau potable, fin des ruptures estivales.
  • Foyers modestes — accès garanti au Palier 1 « Vital » (40 m³/pers/an à tarif socle bas).
  • Communes rurales — plan de modernisation réseaux prioritaire (5 Md€, dont 40 % fléchés zones rurales).
  • Agriculteurs — recherche INRAE, aide à la reconversion, cultures hydro-adaptées, prime agroforesterie.
  • Écosystèmes aquatiques — restauration 50 000 ha zones humides, continuité écologique, débits minimums garantis.
  • Filière eau française — modernisation, REUT, technologies exportables (Israël inspire, France exporte).

Bénéficiaires indirects :

  • Biodiversité — réensauvagement, zones humides, rivières en bon état.
  • Villes — îlots de fraîcheur, résilience canicule, cadre de vie.
  • Économie française — filière eau souveraine (~500 000 emplois directs et indirects).
  • Souveraineté alimentaire — agriculture résistante aux aléas hydriques.

Non-bénéficiaires assumés :

  • Propriétaires de piscines privées en zone tendue — taxation +50 % en été, interdiction création nouvelle.
  • Propriétaires arrosant leurs pelouses en été en zone tendue — interdiction et amendes.
  • Exploitants agricoles gourmands en eau non-transitionnés — SAGE opposable, quotas d'irrigation, mégabassines conditionnées à la preuve de sobriété.
  • Gestionnaires réseaux non-performants — perte d'autorité, transfert à l'agence de l'eau.
  • Industries polluantes de l'eau — redevances pollueur-payeur renforcées.

Créations d'emplois :

  • +5 000 emplois modernisation réseaux (canalisations, capteurs, IA détection).
  • +3 000 emplois REUT (stations, exploitation, maintenance).
  • +2 000 emplois agences de l'eau + INE.
  • +10 000 formations spécialisées dispensées sur 5 ans.
  • Emplois indirects — filière eau (SUEZ, VEOLIA, Saur, PME innovantes) : ~+20 000 à 5 ans.

Financement

Coût brut sur 5 ans : ~11,5 Md€ (~2,3 Md€/an à régime)

Décomposition annuelle à régime :

  • Modernisation réseaux d'eau potable (Axe B) : ~1 Md€/an × 5 = 5 Md€
  • REUT — stations + réseaux dédiés (Axe C) : ~400 M€/an × 5 = 2 Md€
  • Stockage stratégique mixte (zones humides + retenues + mégabassines conditionnées) (Axe D) : ~300 M€/an × 5 = 1,5 Md€
  • Agriculture — transition + INRAE + prime agroforesterie (Axe E) : ~200 M€/an × 5 = 1 Md€
  • Adaptation urbaine — villes-éponges (Axe G) : ~200 M€/an × 5 = 1 Md€
  • Compteurs intelligents généralisés (subvention foyers modestes) (Axe A) : ~40 M€/an × 5 = 200 M€
  • Ministère délégué à l'Eau + Institut National de l'Eau + formations (Axe I) : ~100 M€/an × 5 = 500 M€
  • Réensauvagement + conversions espaces publics (Axe H) : ~60 M€/an × 5 = 300 M€

Total brut : ~11,5 Md€ sur 5 ans.

Recettes et économies sur 5 ans : ~6,2 Md€

  • Tarification progressive Palier 3 « Luxe » (Axe F) — surrecettes des consommations > 80 m³/pers/an : ~500 M€/an → 2,5 Md€ cumulés.
  • Redevances pollueur-payeur renforcées (déplafonnement industrie chimique, agriculture intensive, tourisme haute saison) (Axe F) : ~300 M€/an → 1,5 Md€.
  • Économies traitement (baisse des fuites = baisse du volume traité) (Axe B) : ~300 M€/an → 1,5 Md€.
  • Taxe piscine estivale +50 % (Axe H) : ~100 M€/an → 500 M€.
  • Amendes non-respect restrictions (arrosage, remplissage piscine) : ~40 M€/an → 200 M€.

Coût net sur 5 ans : ~+5,3 Md€ (~+1,1 Md€/an moyen).

Impact sur le solde global du programme :

  • Nouvelle mesure Plan Eau France 2032 : -5,3 Md€ net.
  • Solde consolidé du programme complet (102 mesures) : ~+35 Md€ d'excédent net sur 5 ans (~+7 Md€/an). Voir la Synthèse pour le détail.

Financement direct :

  • Redéploiement budgets Ministère Transition écologique + Ministère Agriculture + Ministère Santé.
  • Redevances agences de l'eau renforcées.
  • Fonds européens (LIFE, NextGenerationEU volet eau).
  • Budget État direct : ~800 M€/an.

Effets macroéconomiques indirects (non chiffrés dans le solde) :

  • Résilience hydrique française — sécurisation de l'approvisionnement, fin des ruptures estivales.
  • Souveraineté — indépendance vis-à-vis des importations agricoles compensatoires en cas de sécheresse.
  • Filière eau exportable — technologies REUT + modernisation réseaux transposables à l'international (marché mondial ~600 Md€/an d'ici 2030).
  • Économies indirectes : santé publique, biodiversité, agriculture, tourisme, énergie hydraulique.
  • Amélioration notation souveraine — l'adaptation climatique effective améliore la perception française par les agences de notation.

Calendrier

  • An 1. Adoption Loi de Programmation Eau 2028-2035. Création du Ministère délégué à l'Eau (rattaché Ministère du Climat et de l'Énergie). Lancement de l'Institut National de l'Eau à Montpellier. Cartographie complète des réseaux d'eau potable via drones et IA. Adoption de la tarification 3 paliers. Interdictions saisonnières piscines/pelouses opérationnelles en zones tendues.
  • An 2. Modernisation réseaux — 20 % du plan exécuté. Premières stations REUT opérationnelles dans le sud-est. Restauration des premières 15 000 ha de zones humides. Mise en conformité progressive des retenues existantes. Application MonEau.gouv.fr grand public. Institut National de l'Eau pleinement opérationnel.
  • An 3. Fuites réseaux réduites de 20 % à 15 %. REUT atteint 5 % au niveau national. Nouvelles mégabassines uniquement selon les 3 conditions (SAGE + concertation + preuve sobriété). Premier bilan Cour des comptes. Agences de l'eau à budget doublé opérationnel.
  • An 4. Réensauvagement — 5 000 ha en régime. Redevances pollueur-payeur pleinement renforcées. Cartographie complète réseaux opérationnelle. Formations métiers de l'eau — 6 000 diplômés cumulés. Bilan intermédiaire par la Cour des comptes.
  • An 5. Bilan complet : fuites réseaux à 10 % (norme européenne atteinte), REUT à 15 %, 50 000 ha zones humides restaurés, 10 000 ha réensauvagés, sobriété -25 % atteinte, budget agences 4,4 Md€/an. Deuxième Loi de Programmation Eau 2033-2040.

Indicateurs de succès

  • Taux de fuites réseaux d'eau potable (objectif : 20 % → 10 % en 5 ans, norme européenne).
  • Taux de REUT (Réutilisation Eaux Usées Traitées) (objectif : <1 % → 15 % en 5 ans, cible UE 25 % à 10 ans).
  • Nombre de zones humides restaurées (objectif : 50 000 ha en 5 ans).
  • Nombre d'hectares réensauvagés (privés + publics) (objectif : 10 000 ha en 5 ans, 50 000 ha à 10 ans).
  • Réduction globale des prélèvements en eau (objectif : -25 % en 5 ans).
  • Nombre de communes en rupture d'eau potable estivale (objectif : 700 → <100 en 5 ans).
  • Nombre de projets de mégabassines validés selon les 3 conditions (SAGE + concertation + preuve sobriété) — indicateur de qualité démocratique.
  • Budget consolidé des agences de l'eau (objectif : 2,2 → 4,4 Md€/an).
  • Taux de masses d'eau en bon état (Directive Cadre Eau) (objectif : 44 % → 100 % à horizon 2032).
  • Nombre d'emplois créés dans la filière eau (objectif : ~30 000 nouveaux emplois directs et indirects en 5 ans).
  • Nombre de piscines privées mises en conformité (bâches, restrictions estivales, taxation).

Sources

Analyse IA — bientôt disponible

L'analyse contradictoire (conséquences, parallèles internationaux, score de réalisme) sera ajoutée par la phase 4 du projet.

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