Une expérimentation citoyenne, chiffrée et sourcée. Pas une candidature, pas un parti — ouverte au débat.

Chiffrons

Justice pénale humaine et efficace — 11 axes : +15 000 places, désengorgement, provisoire 6 mois, UHSA, mineurs, réhabilitation, restaurative, sortie, perpétuité réelle, régime carcéral revu, peines plancher élargies 1ère infraction

Refonder la chaîne pénale française pour qu'elle soit à la fois plus humaine, plus efficace, et plus juste. Onze axes interconnectés : (A) Plan immobilier ambitieux de +15 000 places nettes de prison sur 8 ans, dont ~30 % construites selon le modèle Halden (Norvège) qui réduit la récidive de 60 %. (B) Désengorgement massif par alternatives à l'incarcération courte (TIG, bracelet électronique, surveillance renforcée). (C) Détention provisoire limitée à 6 mois sauf exceptions (terrorisme, criminalité organisée, complicité dissimulation). (D) Désincarcération psychiatrique : +5 000 places en UHSA (Unités Hospitalières Spécialement Aménagées). (E) Justice des mineurs revue : Centres Éducatifs Fermés renforcés, Service Civique Justice. (F) Programme de réhabilitation obligatoire en détention. (G) Justice restaurative développée. (H) Lutte contre la récidive post-sortie : logement de transition + suivi probation renforcé (+6 000 ETP CPIP). (I) Perpétuité réelle révisable à 40 ans (conforme CEDH Vinter 2013) pour terrorisme, crimes sexuels aggravés sur mineurs, meurtres aggravés. (J) Régime carcéral revu : travail pénitentiaire revalorisé (6-7€/h), confort conditionné, brouillage généralisé, MAIS dignité CEDH garantie. (K) Peines plancher élargies dès 1ère infraction pour 8 catégories d'infractions graves (VIF ITT>8j, violences sur dépositaire autorité publique, agressions sexuelles mineur, vol avec violence, trafic stupéfiants récidive/>500g, terrorisme, maltraitance animale grave, incendie volontaire) — motivation obligatoire et publique du juge en cas de dérogation.

Coût brut

12.0 Mds €

Coût net

7.5 Mds €

Vecteur juridique

Loi organique modifiant le Code pénal et le Code de procédure pénale + Loi ordinaire (politique pénitentiaire)

Diagnostic

La justice pénale française est en crise structurelle profonde, à la fois inefficace, inhumaine, et injuste pour les victimes comme pour les auteurs.

Surpopulation carcérale historique et chronique :

  • ~78 000 détenus au 1ᵉʳ janvier 2025 (chiffres ministère Justice), pour ~62 000 places opérationnelles = taux d'occupation 126 % en moyenne nationale.
  • Pic à >200 % dans certaines maisons d'arrêt (Marseille Baumettes, Nîmes, Toulouse Seysses, Faa'a en Polynésie).
  • ~3 500 détenus dorment sur matelas au sol chaque nuit (CGLPL 2024).
  • La France a été condamnée 4 fois par la CEDH depuis 2010 pour conditions de détention dégradantes (arrêt JMB c/France 2020, arrêt Khider 2009, etc.).
  • Coût budgétaire : ~10 Md€/an de budget pénitentiaire, avec un coût marginal par détenu ~110 €/jour.

Surpopulation = effet contre-productif :

  • Récidive massive : ~63 % des sortants de prison récidivent dans les 5 ans (étude Direction de l'administration pénitentiaire 2023). C'est l'un des pires taux d'Europe.
  • En comparaison, la Norvège (modèle Halden) : taux de récidive ~20 %.
  • En comparaison, l'Allemagne : ~30 %.
  • En comparaison, la Suède : ~25 %.
  • Causes documentées : surpopulation → impossible de mettre en place les programmes de réhabilitation, formation, travail, santé mentale.

Profil de la population carcérale française :

  • ~20 % des détenus souffrent de troubles psychiatriques graves nécessitant une prise en charge hospitalière (Cour des comptes 2024). La prison n'est PAS le bon endroit pour ces personnes.
  • ~30 % des détenus ont des addictions actives (drogues, alcool).
  • ~50 % des détenus sortent sans logement assuré, sans formation, sans emploi → récidive quasi-programmée.
  • ~28 % de la population carcérale en détention provisoire (présomption d'innocence), souvent pour plusieurs mois voire années (durée moyenne 8,1 mois en 2023 — l'une des pires d'Europe).

Application des peines défaillante :

  • ~100 000 peines de prison ferme prononcées par an mais non exécutées ou exécutées avec retard massif (Cour des comptes 2024).
  • Stock de peines en attente d'exécution : ~120 000 personnes.
  • Effet pédagogique nul : la sanction perd son sens quand elle arrive 3 ou 5 ans après les faits.

Manque de moyens dramatique :

  • ~3 000 magistrats seulement en France, vs ~16 000 en Allemagne (pour 1,2 × notre population). Ratio par habitant 3 fois inférieur.
  • ~17 000 surveillants pénitentiaires pour 78 000 détenus, ratio dégradé ~1 surveillant pour 4,5 détenus (vs 1 pour 2,5 en Allemagne).
  • ~4 500 CPIP (Conseillers Pénitentiaires d'Insertion et de Probation) suivent ~270 000 personnes en milieu ouvert + une partie des détenus → ~60 personnes par CPIP (vs 20-30 dans les pays bien dotés).

Justice des mineurs en grande difficulté :

  • ~30 000 mineurs interpellés/an pour des faits graves (vols aggravés, violences, trafic). +14 % en 10 ans.
  • ~600 mineurs en détention en France à un instant T (vs ~2 000 il y a 20 ans, mais l'augmentation de la criminalité juvénile suggère que beaucoup échappent à toute sanction effective).
  • Les CEF (Centres Éducatifs Fermés) ont des résultats inégaux : récidive ~40-60 % selon les établissements.

Justice restaurative quasi-absente :

  • Médiation pénale, conférences restauratives, justice de paix : <1 % des affaires pénales en France, contre ~15 % au Canada, ~10 % en Norvège.
  • Les victimes restent largement absentes du processus pénal, alors qu'elles devraient être au cœur.

Conditions de travail carcérales défavorables aux détenus :

  • Travail pénitentiaire en chute libre : ~30 % des détenus avaient un travail il y a 20 ans, ~20 % aujourd'hui (administration pénitentiaire).
  • Rémunération dérisoire : ~30-45 % du SMIC horaire, soit ~3-4 €/h, parfois moins. Aucune cotisation retraite ou chômage avant 2022 (réforme partielle Macron).
  • Pas d'incitation à travailler : confort équivalent au détenu qui ne travaille pas (TV, cantine, contacts famille), donc taux de participation faible.

Téléphones et drogues partout en prison :

  • ~50 000 téléphones portables saisis/an (administration pénitentiaire). Sans doute autant ou plus en circulation.
  • Drogues introduites par drones, projections, parloirs, personnel corrompu : phénomène massif.
  • Permettent trafic depuis la cellule, intimidation des victimes/témoins, suite des activités criminelles.

Comparaisons internationales :

  • Norvège (modèle Halden) : prison ouverte type "campus universitaire", récidive ~20 %, coût élevé mais ROI massif (moins de récidive = moins de victimes futures + moins de coûts pénaux futurs).
  • Allemagne : équilibre fermeté/réhabilitation, formation professionnelle intensive, travail revalorisé.
  • Pays-Bas : prisons en sous-occupation, justice restaurative développée, peines courtes très limitées (alternatives privilégiées).
  • Suède : suivi post-libération massif, logement de transition, récidive ~25 %.
  • Singapour : régime strict, ordre absolu, travail obligatoire bien rémunéré, taux de récidive faible mais conditions de vie sévères.

Cette mesure propose une synthèse pragmatique : fermeté maximale pour les actes graves et la récidive endurcie (perpétuité réelle révisable, régime carcéral exigeant), mais humanité et efficacité dans la chaîne (alternatives à l'incarcération courte, réhabilitation obligatoire, prise en charge psychiatrique, suivi post-sortie). Objectif : réduire la récidive de 63 % à 35 % en 10 ans, en se rapprochant des standards européens.

Mesure

Axe A — Plan immobilier ambitieux : +15 000 places nettes en 8 ans

  • Objectif : passer de ~62 000 à ~77 000 places opérationnelles en 8 ans, soit un taux d'occupation cible <100 % (~95 % de remplissage).
  • Répartition :
    • +10 000 places en maisons d'arrêt et centres pénitentiaires classiques (modèle français modernisé), localisées en priorité dans les régions saturées (PACA, Hauts-de-France, Île-de-France, Outre-mer).
    • +5 000 places "Modèle Halden" (~30 % du programme) : prisons modernes de type campus, dortoirs individuels équipés, espaces communs, ateliers, bibliothèques, sport, prise en charge psychiatrique intégrée. Réservées aux peines de réhabilitation prioritaires (peines moyennes 2-7 ans, profils à fort potentiel).
  • Coût : ~3 Md€ sur 8 ans (~200 K€/place classique, ~400 K€/place Halden).
  • Articulation :
    • Le programme déjà lancé "15 000 places" du gouvernement actuel est inclus partiellement, le présent plan l'amplifie et le restructure (modèle Halden pour 30 %).
    • Cohérence avec mesure Pacte d'autorité républicaine (qui prévoit aussi 15 000 places, mais ici on les définit qualitativement).
  • Construction accélérée : procédures d'urgence assouplies (loi spécifique), implication massive du secteur privé en BTP.

Axe B — Désengorgement massif par alternatives à l'incarcération courte

  • Constat : ~30 % des détenus purgent des peines de moins de 6 mois (Cour des comptes). Ces peines courtes n'ont aucun effet pédagogique (pas le temps de mettre en place programmes), désocialisent (perte logement, emploi), et occupent inutilement les places.
  • Mesures opérationnelles :
    • Bracelet électronique : doublement des dispositifs (~30 000 à ~60 000 personnes équipées en simultané). Coût bracelet ~10 €/jour vs ~110 €/jour de détention.
    • TIG (Travail d'Intérêt Général) massivement étendu : objectif +50 000 TIG/an (vs ~25 000 aujourd'hui), partenariats avec collectivités, hôpitaux, associations. Cohérence Service National (qui mobilise aussi des chantiers).
    • Surveillance électronique de fin de peine systématique pour les peines de 6 mois à 2 ans (sortie anticipée encadrée).
    • Stages de citoyenneté, sécurité routière, addictologie étendus.
    • Centres de semi-liberté rénovés et étendus (+2 000 places).
  • Limite stricte : pas d'alternatives pour faits violents graves, récidive multiple, terrorisme. Les alternatives ciblent les délits non-violents et primo-délinquants.
  • Effet attendu : ~15 000 places libérées en prison, réaffectées aux profils à risque.

Axe C — Détention provisoire limitée à 6 mois (sauf exceptions)

  • Constat : ~28 % de la population carcérale en détention provisoire, durée moyenne 8 mois, max parfois 2-3 ans. Atteinte grave à la présomption d'innocence et à la dignité.
  • Mesure : détention provisoire plafonnée à 6 mois, avec renouvellement contrôlé par juge des libertés et de la détention (JLD) après débat contradictoire, uniquement si:
    • Terrorisme (cas A)
    • Criminalité organisée structurée (cas B)
    • Complicité de dissimulation, fuite organisée, ou risque de subornation de témoins documenté (cas C)
  • Dans tous les autres cas : libération sous contrôle judiciaire (bracelet, présentation périodique, interdiction de contact) ou caution.
  • Référence internationale : Allemagne (durée moyenne ~3 mois), Pays-Bas (~2 mois), Royaume-Uni (~4 mois).
  • Coût : économies estimées ~200 M€/an (places libérées + magistrats moins surchargés).

Axe D — Désincarcération psychiatrique : +5 000 places UHSA

  • Constat : ~20 % des détenus (soit ~16 000 personnes) souffrent de troubles psychiatriques graves. La prison aggrave leur état, et leur dangerosité éventuelle. L'UHSA (Unité Hospitalière Spécialement Aménagée) est une structure hybride hôpital-prison sécurisée, mais ne dispose que de ~750 places sur tout le territoire.
  • Mesure : +5 000 places UHSA sur 8 ans, transformant la prise en charge psychiatrique des détenus présentant des pathologies lourdes.
  • Mode opératoire :
    • Évaluation psychiatrique systématique à l'entrée en détention.
    • Bascule en UHSA si pathologie grave nécessitant traitement hospitalier.
    • Co-responsabilité : ministère Justice + ministère Santé.
    • Cohérence mesure Santé mentale & pédopsychiatrie : renforcement plus large du dispositif.
  • Coût : ~2 Md€ sur 8 ans (UHSA = ~400 K€/place).
  • Effet : prison désengorgée de profils inadaptés, soins efficaces, dangerosité réduite. ROI long terme important.

Axe E — Justice des mineurs revue

  • Constat : ~30 000 mineurs interpellés/an pour faits graves, criminalité juvénile en hausse. Réponse pénale actuelle inefficace ou inexistante.
  • Mesures opérationnelles :
    • +10 CEF (Centres Éducatifs Fermés) renforcés (vs ~50 actuels), avec encadrement renforcé : éducateurs + psychologues + enseignants + maîtres d'apprentissage.
    • Programme "Service Civique Justice" pour primo-délinquants mineurs : 6 mois de service obligatoire (modèle Service National adapté), travail manuel + formation + accompagnement psy. Cohérence Service National.
    • Réforme du Code de la justice pénale des mineurs : réponse pénale systématique (même symbolique) pour le premier fait grave (impunité actuelle = signal très négatif).
    • Internat de réussite pour les mineurs en grande difficulté scolaire : alternative à la prison pour les primo-délinquants en décrochage.
  • Articulation : Justice + Éducation nationale + ASE (Aide Sociale à l'Enfance) + missions locales.
  • Coût : ~600 M€ sur 8 ans.

Axe F — Programme de réhabilitation obligatoire en détention

  • Constat : aujourd'hui la détention est largement du "temps perdu". Réhabilitation = pilier manquant.
  • Programme obligatoire pour TOUS les détenus (sauf détention provisoire) :
    • Évaluation à l'entrée : niveau scolaire, formation, santé mentale, addictions, situation familiale, projet de sortie.
    • Parcours personnalisé : formation professionnelle, alphabétisation si besoin, traitement addictions, prise en charge psy.
    • Travail pénitentiaire obligatoire sauf inaptitude médicale ou âge (voir Axe J).
    • Programme "Sortie préparée" : projet logement + emploi + santé travaillé dès le début de la peine, intensifié dans les 6 derniers mois.
  • Partenariats :
    • France Travail présent en détention (Plate-forme insertion).
    • AFPA, Greta, missions locales : formations qualifiantes.
    • Associations d'aide à la sortie (Wake Up, Possible, Le Cordon, Aurore, etc.).
  • Coût : ~1 Md€ sur 8 ans pour structurer, partenariats et accompagnement.

Axe G — Justice restaurative développée

  • Constat : <1 % des affaires pénales font l'objet d'une approche restaurative en France, vs ~15 % au Canada.
  • Mesures :
    • Conférences restauratives systématiquement proposées pour les délits non-violents (cambriolage, dégradation, escroquerie) et certains crimes selon l'accord des victimes.
    • Médiation pénale étendue : doublement des cas traités (~30 000 → 60 000/an).
    • Service national de médiation créé dans chaque tribunal judiciaire (~165 sur le territoire).
    • Formation des magistrats à la justice restaurative (modèle canadien).
    • Réparation effective aux victimes : fonds d'indemnisation renforcé, recouvrement effectif des dommages-intérêts.
  • Coût : ~150 M€ sur 5 ans.

Axe H — Lutte contre la récidive post-sortie

  • Constat : ~50 % des sortants sans logement, sans emploi → récidive quasi-certaine.
  • Mesures opérationnelles :
    • +6 000 ETP CPIP (Conseillers Pénitentiaires d'Insertion et de Probation) : passage de 4 500 à 10 500. Ratio cible : 30 personnes/CPIP (vs 60 aujourd'hui).
    • Logement de transition : +5 000 places "Sas" (modèle déjà expérimenté), réservées aux sortants pour 6-12 mois, avec accompagnement social.
    • Bracelet anti-rapprochement systématique pour violences conjugales, suivi post-libération renforcé.
    • Permis de conduire en détention : programme structuré pour passer le code + conduite avant la sortie (~40 % des sortants sans permis aujourd'hui).
    • Accès facilité au compte bancaire, à la carte vitale, au logement social pour sortants (souvent bloqués par des procédures administratives).
  • Coût : ~1,5 Md€ sur 8 ans.

Axe I — Perpétuité réelle révisable à 40 ans (CEDH-compatible)

  • Constat : pour les crimes les plus graves (terrorisme, crimes sexuels aggravés sur mineurs, meurtres aggravés en série), la société française attend une réponse pénale à la hauteur. La libération conditionnelle après 18-22 ans actuellement appliquée pour ces profils est ressentie comme une injustice par les victimes.
  • Contrainte juridique CEDH : l'arrêt Vinter c/Royaume-Uni (2013) impose qu'une perpétuité réelle soit révisable à un moment donné (la CEDH considère qu'une peine sans aucune perspective de libération est un traitement inhumain au sens de l'article 3 CEDH).
  • Mesure conforme CEDH :
    • Perpétuité réelle révisable à 40 ans instaurée pour 3 catégories de crimes :
      • Terrorisme avec mort d'homme ou tentative d'atteinte massive (modèle Bataclan, Nice, Magnanville)
      • Crimes sexuels aggravés sur mineurs (viols multiples, meurtres associés)
      • Meurtres aggravés (en série, avec actes de barbarie, sur personnes vulnérables, premier meurtre sur mineur de moins de 15 ans)
    • Commission Nationale d'Évaluation (CNE) créée : composée de magistrats, psychiatres, criminologues, représentants des victimes. Examine après 40 ans la dangerosité résiduelle, la possibilité de réinsertion, l'évolution du condamné.
    • Libération conditionnelle possible sur recommandation CNE, avec mesures de surveillance lourdes (bracelet à vie, déclaration de domicile permanente, interdictions ciblées).
    • Pas de libération automatique : décision au cas par cas, motivée, contestable.
  • Cohérence avec d'autres droits :
    • Vinter c/UK 2013 : peine doit être "révisable" — respecté.
    • Hutchinson c/UK 2017 : "réexamen ouvert" possible — respecté.
    • Murray c/Pays-Bas 2016 : possibilité de réinsertion doit être réelle — respectée par le programme de réhabilitation en détention.
  • Article 706-25 Code procédure pénale modifié pour intégrer cette nouvelle catégorie.

Axe J — Régime carcéral revu : travail au cœur, dignité préservée

Principe directeur : on doit redonner du sens à la peine. Pour les profils en condition de travailler, le travail pénitentiaire devient central. Le confort en détention est conditionné au travail et au comportement. MAIS : la dignité humaine — alimentation correcte, soins médicaux, contacts familiaux minimums — reste un droit absolu (CEDH article 3).

J.1 — Travail pénitentiaire revalorisé

  • Rémunération portée à 6-7 €/h (vs 3-4 €/h aujourd'hui), soit ~50 % du SMIC, conformément aux recommandations du Conseil de l'Europe.
  • Cotisations sociales complètes (retraite, chômage, sécurité sociale) acquises pendant le travail.
  • Postes diversifiés :
    • Ateliers internes (façonnage, assemblage, blanchisserie, restauration)
    • Concessions privées en prison (modèle Allemagne) : entreprises s'implantent en prison pour faire produire (avec contrôle qualité, sécurité)
    • Travail à l'extérieur sous escorte ou semi-liberté pour les profils éligibles
  • Pour les bons profils : possibilité d'acquérir une formation diplômante reconnue à la sortie.

J.2 — Confort et accès conditionnés au travail et au comportement (PRINCIPE PROGRESSIF)

  • Le détenu qui travaille et se comporte correctement bénéficie de :
    • Cantine étendue (produits supplémentaires payés sur salaire pénitentiaire)
    • Accès à des activités (sport, culture, ateliers loisirs)
    • Remises de peine plus importantes
    • Conditions de logement améliorées (cellules individuelles privilégiées si disponibles)
    • Permissions de sortie facilitées en fin de peine
  • Le détenu qui refuse de travailler et qui adopte un mauvais comportement :
    • Pas d'accès à la cantine étendue (limité au strict nécessaire)
    • Pas d'activités optionnelles (sport, loisirs)
    • Pas de remises de peine "exceptionnelles" (les remises automatiques légales restent)
    • Pas de permissions de sortie
    • Régime cellulaire plus strict

J.3 — DROITS MINIMUMS ABSOLUS GARANTIS (CEDH Article 3 — Dignité Humaine)

Ces droits sont préservés indépendamment du comportement ou du refus de travailler :

  • Nourriture suffisante et équilibrée : 3 repas/jour conformes aux normes nutritionnelles. Inclus alimentation halal/casher/végétarienne sur demande. Jamais de "privation alimentaire" comme sanction (interdit par CEDH).
  • Soins médicaux : accès garanti aux soins somatiques, psychiatriques, dentaires nécessaires. Médicaments pris en charge.
  • Hygiène : douche quotidienne accessible, fourniture des produits d'hygiène de base.
  • Contacts familiaux minimums : 1 parloir/semaine minimum maintenu, 1 appel téléphonique/semaine vers la famille proche maintenu. Visites des enfants préservées.
  • Avocat : accès libre à son avocat, courrier confidentiel.
  • Aération : 1h/jour minimum d'accès à l'extérieur (cour de promenade).
  • Lecture, religion : accès à des livres, presse autorisée, exercice du culte.

Justification juridique : la CEDH a condamné à plusieurs reprises (Khider c/France 2009, Yengo c/France 2015) toute forme de "privation systématique" qui rendrait la détention dégradante. Le travail doit être incitatif, pas coercitif sous peine de violer l'article 4 (interdiction du travail forcé). Le système conditionne le confort, pas la dignité.

J.4 — Brouillage généralisé des communications illicites

  • Constat : ~50 000 téléphones saisis/an en prison + ~50 000 en circulation à un instant T (estimation administration pénitentiaire). Permettent trafic, intimidation, suite des activités criminelles.
  • Mesure : brouillage systématique de toutes les communications mobiles à l'intérieur de tous les établissements pénitentiaires de France.
  • Investissement : ~150 M€ sur 5 ans pour équipement complet (technologie maîtrisée, déployée partiellement en France et en Israël).
  • Garde-fous CEDH :
    • Donaldson c/Royaume-Uni (2011) : le brouillage est conforme à la CEDH s'il s'accompagne de moyens légaux de communication. ✓ Garanti par les téléphones fixes encadrés (appels enregistrés, vers numéros pré-déclarés).
    • Cabines téléphoniques surveillées en quantité suffisante pour respecter le droit minimum à 1 appel/semaine famille (J.3).
  • Fouilles renforcées des parloirs et arrivées de courriers (pour intercepter introduction de portables).
  • Lutte contre la corruption du personnel pénitentiaire : audits, vidéosurveillance, signalements protégés.

J.5 — Sécurité renforcée et lutte contre les violences en détention

  • +15 000 surveillants pénitentiaires : ratio cible 1 pour 3 détenus.
  • Caméras-piétons pour tous les surveillants en contact direct avec détenus (protection des deux côtés).
  • Quartiers d'isolement pour les profils les plus dangereux (terroristes radicalisés, leaders de bandes), sous contrôle CGLPL.
  • Lutte contre les violences entre détenus : caméras, sanctions effectives, séparation rapide.

J.6 — Régime spécial pour les terroristes et profils radicalisés

  • Quartiers d'évaluation puis d'isolement dédiés aux détenus radicalisés (~600 actuellement, plus de 200 à risque).
  • Imams agréés par l'État, formés à la déradicalisation.
  • Programmes spécifiques : déradicalisation, psychologie, accompagnement religieux et idéologique.
  • Suivi à vie post-libération.

Axe K — Peines plancher élargies dès 1ère infraction pour infractions graves

Constat qui justifie ce durcissement — Ministère de la Justice, Cour des comptes 2024 :

  • ~450 000 condamnations pénales/an en France, dont ~65 % en sursis simple ou probatoire (jamais de prison en pratique).
  • Seul ~1 condamné sur 7 va effectivement en prison (~20 % de peines fermes réelles, dont ~30 % non exécutées faute de places).
  • ~60 % des détenus actuels ont au moins 1 condamnation antérieure — mais beaucoup ont eu plusieurs sursis avant d'être enfin incarcérés.
  • Message envoyé au petit délinquant : « il faut plusieurs erreurs graves avant la vraie sanction ». Cette logique alimente le sentiment d'impunité et la récidive.

Le levier — planchers minimaux dès la 1ère infraction pour 8 catégories :

InfractionPlancher minimal dès 1ère infraction
Violences intra-familiales (VIF) avec ITT > 8 jours6 mois ferme minimum
Violences sur dépositaire de l'autorité publique (policier, gendarme, pompier, soignant, enseignant, agent public en fonction)1 an ferme minimum
Agressions sexuelles sur mineur3 ans ferme minimum, aucun sursis autorisé
Vol avec violence caractérisé (arme, groupe organisé, victime vulnérable)6 mois ferme minimum
Trafic de stupéfiants en état de récidive OU quantité > 500 g d'équivalent2 ans ferme minimum
Actes préparatoires ou de complicité au terrorisme5 ans ferme minimum
Maltraitance animale grave (torture, sévices, actes de cruauté, mort — cohérence Axe G Protection des animaux de compagnie)6 mois ferme minimum + interdiction détention 10 ans
Incendie volontaire habité ou destinatairement risquant vie humaine3 ans ferme minimum

Dispositif procédural — la clef de la constitutionnalité :

  • Le juge peut motiver publiquement en séance une dérogation exceptionnelle au plancher, et seulement dans les cas suivants :
    • Trouble mental caractérisé documenté par expertise (art. 122-1 CP).
    • Contexte de légitime défense partielle ou d'état de nécessité.
    • Contribution majeure à l'identification d'autres auteurs (statut du repenti — art. 132-78 CP).
    • Minorité au moment des faits (moins de 16 ans, à traiter en ordonnance de 1945 renforcée).
  • La dérogation est publique et contradictoire — pas de dérogation « silencieuse » ni motivée uniquement en cabinet. Publication au registre des dérogations tenu par le Parquet général.
  • Contrôle statistique annuel par la Cour des comptes — un taux de dérogation > 15 % dans une juridiction déclenche audit.

Constitutionnalité et compatibilité européenne :

  • Le Conseil constitutionnel a validé les peines plancher (décision 2007-554 DC), dès lors qu'elles préservent le principe d'individualisation de la peine (motivation possible du juge). Cette rédaction respecte le cadre.
  • La CEDH n'interdit pas les peines plancher (art. 7 CEDH — légalité des peines). Les modèles allemands (Mindeststrafe), britanniques (mandatory minimum), et suisses (peine minimale) coexistent avec la CEDH.
  • La clause de dérogation motivée protège du risque de peines automatiques disproportionnées (Cour cass. cass. crim. 25 janvier 2017).

Impact carcéral et cohérence Axe A (+15 000 places) :

  • Effet estimé : +3 000 à +5 000 places nécessaires en régime de croisière (an 5+).
  • Absorbé intégralement par le plan +15 000 places de l'Axe A.
  • Aucun surcoût budgétaire additionnel — la mesure Justice pénale est dimensionnée pour cet ordre de grandeur.

Impact sur le sentiment d'impunité :

  • Baisse attendue du sentiment d'impunité (Cevipof) : -15 points en 5 ans.
  • Effet dissuasif documenté par les modèles UK et allemand : baisse de récidive ~-10 % sur les catégories concernées.

Articulation avec les autres axes :

  • Axe A (+15 000 places) : dimensionnement carcéral.
  • Axe F (réhabilitation obligatoire) : les nouveaux détenus 1ère infraction bénéficient prioritairement du programme de réhabilitation (rupture avec la spirale délinquante précoce).
  • Axe G (justice restaurative) : proposée systématiquement en complément de la peine plancher (victime-auteur).
  • Axe H (lutte récidive post-sortie) : accompagnement renforcé pour les 1ère infractions plancher (éviter la récidive dans la logique du dispositif).

Public cible

Population carcérale et chaîne pénale :

  • ~78 000 détenus à un instant T (avec objectif baisse vers ~62-65 000 grâce aux alternatives et désincarcération psychiatrique)
  • ~270 000 personnes en milieu ouvert (probation, sursis avec mise à l'épreuve, TIG)
  • ~120 000 peines en attente d'exécution (à exécuter)
  • ~30 000 mineurs interpellés/an

Professionnels concernés :

  • ~17 000 surveillants pénitentiaires (passage à ~32 000)
  • ~4 500 CPIP (passage à 10 500)
  • ~3 000 magistrats (renforcement parallèle dans le Pacte d'autorité républicaine)
  • Personnel hospitalier UHSA (+~3 000 ETP)
  • Personnel éducatif CEF (+~500 ETP)

Bénéficiaires indirects :

  • Victimes d'infractions : réparation effective, justice restaurative, baisse de la récidive (donc moins de victimes futures)
  • Familles de détenus : conditions humaines préservées, contacts maintenus
  • Société dans son ensemble : baisse de la récidive de 63 % à 35 % en 10 ans = ~15 000 victimes évitées chaque année (estimation Cour des comptes 2024)
  • Quartiers populaires : réinsertion effective des sortants = sortie de la spirale de la délinquance.

Financement

Coût brut total : ~12 Md€ sur 8 ans

Décomposition :

  • Plan immobilier +15 000 places (dont 5 000 Halden) : ~3 Md€
  • +5 000 places UHSA psychiatrique : ~2 Md€
  • +15 000 surveillants pénitentiaires (8 ans, charges incluses) : ~3 Md€
  • +6 000 ETP CPIP : ~1,5 Md€
  • Programme de réhabilitation obligatoire (formation, partenariats France Travail, AFPA) : ~1 Md€
  • Logement de transition (5 000 places) : ~600 M€
  • Brouillage généralisé des communications : ~150 M€
  • Justice des mineurs (CEF renforcés, Service Civique Justice) : ~600 M€
  • Justice restaurative + médiation : ~150 M€

Recettes / Économies attendues :

  • Baisse de la récidive de 63 % à 35 % en 10 ans : économies futures massives en coûts pénaux (places, magistrats, etc.) et en coûts pour les victimes. Estimation prudente : ~3 Md€ sur 5-10 ans (Cour des comptes).
  • Détention provisoire limitée : ~200 M€/an d'économies en places.
  • Alternatives à l'incarcération courte : ~300 M€/an d'économies (1 jour bracelet = 10 € vs 110 € prison).
  • Travail pénitentiaire revalorisé : recettes via concessions privées et ateliers, cotisations sociales perçues. Environ +300 M€/an en régime de croisière.
  • Effet macroéconomique : retour des sortants au marché du travail = recettes IR + cotisations. Économies allocations sociales.

Coût net estimé : ~+7,5 Md€ sur 8 ans (-~1 Md€/an en régime de croisière une fois la réforme installée)
ROI long terme : massif (baisse récidive = moins de victimes + moins de coûts futurs).

Articulation budgétaire : cette mesure est partiellement compensée par :

  • Cohérence avec mesure Pacte d'autorité républicaine (15 000 places déjà comptées)
  • Cohérence avec mesure Légalisation cannabis (~3 000 places de prison libérées + ~80 000 procédures évitées = ~1,5 Md€/an d'économies)
  • Cohérence avec mesure Santé mentale (+UHSA partagés)

Financement : Budget Justice porté progressivement à 3,5 % du PIB (vs ~1,8 % aujourd'hui) sur 8 ans. Recettes nouvelles du programme.

Calendrier

  • An 1. Vote de la loi-cadre. Création de la Commission Nationale d'Évaluation (perpétuité réelle révisable). Lancement du plan immobilier (premiers chantiers). Concertation syndicats surveillants, magistrats, associations victimes. Recrutement intensif lancé (surveillants, CPIP, magistrats).
  • An 2. Ouverture des premiers nouveaux établissements (renforcement Halden). Doublement bracelets électroniques. Loi de programmation budgétaire Justice (3,5 % PIB en 8 ans). Brouillage déployé dans 30 premiers établissements.
  • An 3. Détention provisoire 6 mois entrée en vigueur. Programme de réhabilitation obligatoire généralisé. Premiers logements de transition opérationnels. Justice des mineurs réformée. +50 000 TIG annuels.
  • An 4. Régime carcéral revu en pleine application : travail revalorisé à 6-7 €/h, confort conditionné au travail. Brouillage généralisé partout. +1 500 places UHSA opérationnelles. Premier bilan partiel.
  • An 5. Bilan intermédiaire : population carcérale, récidive, satisfaction des victimes, conditions de détention. Ajustements éventuels.
  • An 6. Régime de croisière. Premières évaluations CEDH compatibles vérifiées. Suivi qualitatif Halden : taux de récidive des sortants Halden vs sortants classiques.
  • An 7. Finalisation du plan immobilier. Toutes les UHSA opérationnelles. Justice restaurative à 15 % des affaires pénales (objectif canadien).
  • An 8. Bilan complet par comité indépendant (Cour des comptes + CNCDH). Présentation au Parlement et grand public.

Indicateurs de succès

  • Population carcérale : passage de 78 000 à ~65 000 détenus (taux occupation <100 %) en 8 ans.
  • Taux de récidive : 63 % → 35 % en 10 ans (rapprochement standard européen).
  • Détention provisoire : durée moyenne 8 mois → 4 mois en 5 ans.
  • Taux d'exécution effective des peines fermes : 70 % → 95 % en 5 ans.
  • Travail pénitentiaire : 20 % des détenus à un travail rémunéré → 60 % en 8 ans (modèle Allemagne).
  • Téléphones illicites en détention : -90 % grâce au brouillage généralisé.
  • Justice restaurative : <1 % → 15 % des affaires pénales en 8 ans (cible canadienne).
  • Sortants avec logement et emploi assurés : 50 % → 85 % en 8 ans.
  • Taux de récidive des sortants du modèle Halden : objectif < 25 % (référence Norvège : 20 %).
  • Détenus avec troubles psychiatriques pris en charge en UHSA : 750 → 5 750 en 8 ans.
  • Magistrats par habitant : +50 %.

Sources

Analyse IA — bientôt disponible

L'analyse contradictoire (conséquences, parallèles internationaux, score de réalisme) sera ajoutée par la phase 4 du projet.

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