Une expérimentation citoyenne, chiffrée et sourcée. Pas une candidature, pas un parti — ouverte au débat.

Chiffrons

Justice civile et institutionnelle — célérité (<12 mois), numérique refondu, aide juridictionnelle revalorisée, prud'hommes professionnalisés, CSM constitutionnel autonome, aide aux victimes, MARD généralisés

Refonder la partie civile et institutionnelle de la justice française, complémentaire à la mesure Justice pénale humaine et efficace (thème sécurité). Neuf axes interconnectés : (A) Célérité — délais objectifs opposables (justice civile <12 mois, prud'hommes <9 mois, justice administrative <14 mois) ; (B) Numérique refondu — Portalis 2.0, PORTAILS citoyen, e-Barreau généralisé, dématérialisation 100 % des actes non contentieux ; (C) Aide juridictionnelle refondée — plafond de ressources 1 SMIC → 1,5 SMIC, revalorisation de la rémunération des avocats commis d'office (Unité de Valeur à 40 € vs 32 €), guichet unique numérique ; (D) Prud'hommes refondés — juge de proximité professionnel + assesseurs paritaires consultatifs (modèle allemand Arbeitsgericht), fin du paritarisme intégral qui bloque les procédures ; (E) Justice commerciale et économique — formation obligatoire des juges consulaires, PNF (Parquet National Financier) renforcé, articulation DGCCRF-AMF ; (F) Justice administrative — dématérialisation intégrale, +200 magistrats administratifs, objectif délai <14 mois ; (G) Indépendance renforcée — réforme constitutionnelle du CSM (autonomie budgétaire et administrative, avis conforme obligatoire pour la nomination des procureurs, sanctuarisation budget justice à 3,5 % PIB — cohérence Justice pénale) ; (H) Aide aux victimes — guichet unique numérique, Fonds de garantie renforcé (+200 M€/an), indemnisation < 3 mois ; (I) MARD (Modes Alternatifs de Règlement des Différends) — médiation obligatoire préalable pour litiges civils < 10 000 €, conciliateurs de justice +5 000 ETP. Coût net additionnel 5 ans : ~+4,5 Md€ (~900 M€/an) — les moyens massifs de la justice (magistrats, greffiers, prisons, CPIP) sont déjà comptés dans Pacte d'autorité et Justice pénale, on ne les recompte pas.

Coût brut

5.5 Mds €

Coût net

4.5 Mds €

Vecteur juridique

Loi organique CSM + Loi ordinaire (procédure civile + prud'hommes + MARD) + révision constit. + LF

Diagnostic

La justice civile française est aujourd'hui l'une des plus lentes d'Europe occidentale. Alors que la justice pénale (déjà traitée par la mesure Justice pénale humaine et efficace) concentre les débats politiques, c'est la justice civile qui touche le plus grand nombre de Français dans leur vie quotidienne — divorce, succession, litige commercial, conflit prud'homal, dommages corporels, litige de voisinage.

Chiffres clés (Ministère de la Justice, Cour des comptes, CEPEJ 2024) :

  • Délai moyen procédure civile de première instance : ~14 mois en 2024 (vs 8-10 mois en Allemagne, 6-9 mois aux Pays-Bas). Certains tribunaux atteignent 24 mois.
  • Délai moyen procédure prud'homale : ~16 mois hors appel, ~28 mois avec appel. Le pire délai social d'Europe occidentale.
  • Délai moyen procédure administrative : ~18 mois en 2024 (tribunal administratif), ~24 mois en Cour administrative d'appel.
  • ~2,5 millions d'affaires civiles/an portées devant les tribunaux judiciaires (hors pénal).
  • ~150 000 affaires prud'homales/an — mais ~65 % font l'objet d'un appel (vs ~30 % moyenne européenne) = symptôme d'un premier degré peu crédible.
  • Aide juridictionnelle : 1,05 million de bénéficiaires/an, budget 500 M€. Rémunération avocat commis : Unité de Valeur (UV) à 32 € — la profession dénonce une décote de 40 % vs 2005 en euros constants.
  • PORTAILS et Portalis (plateforme numérique nationale) : déploiement chaotique depuis 2015, taux d'adoption <40 % dans les juridictions. Plusieurs centaines de millions d'euros dépensés pour un résultat très partiel.
  • Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) : composition mixte (magistrats + personnalités qualifiées nommées par le Président et les Présidents des Chambres) — manque d'autonomie budgétaire et administrative reconnu unanimement, tant par les magistrats que la doctrine et la CEDH.

Aide aux victimes : dispositif fragmenté et sous-doté :

  • Fonds de Garantie des Victimes (FGTI) : 300 M€/an, mais délais d'indemnisation ~8-12 mois, insuffisant pour les victimes d'infractions graves.
  • Guichets d'aide aux victimes : dispersés entre associations (France Victimes, INAVEM), justice, mairies, sans lisibilité pour le citoyen.
  • Bureau d'Aide aux Victimes (BAV) dans les tribunaux : couverture ~60 % des juridictions seulement.

Prud'hommes : un système à bout de souffle :

  • Paritarisme intégral (5 conseillers salariés + 5 conseillers employeurs, sans magistrat professionnel) qui conduit à des impasses fréquentes → renvoi devant le juge départiteur professionnel (~30 % des affaires).
  • Formation des conseillers prud'hommes : ~40 h obligatoires seulement, jugée très insuffisante par la Cour des comptes 2024.
  • Modèle allemand Arbeitsgericht : juge professionnel de proximité + 2 assesseurs paritaires consultatifs. Délais 3-4 mois, taux d'appel 25 %.

Justice administrative :

  • Chef d'accusation français en la matière : décisions administratives contestables (permis de construire, urbanisme, réglementation) traitées avec des délais de 18-24 mois. Bloque l'investissement (BTP, énergie, industrie).
  • Conseil d'État : rapport 2024 sur la nécessité de simplification et de dématérialisation intégrale.

Justice commerciale :

  • Juges consulaires bénévoles élus parmi les commerçants — savoir-faire réel mais formation juridique insuffisante (72 h obligatoires seulement).
  • Tribunaux de commerce : ~135 000 affaires/an, dont 55 000 procédures collectives (liquidations, redressements).
  • Écart avec les modèles anglo-saxons (Commercial Courts au UK, Delaware US) qui attirent le contentieux international français faute d'expertise.

Indépendance de la justice :

  • Nomination des procureurs par le Ministre de la Justice après avis simple du CSM (non contraignant) — problème structurel dénoncé par la CEDH (arrêt Medvedyev 2010) et pas encore résolu.
  • Budget de la justice : ~11 Md€/an, soit ~0,3 % du PIB, contre ~0,5 % en Allemagne, 0,45 % au Royaume-Uni. La France sous-investit dans sa justice depuis 30 ans.

Modèles étrangers pertinents :

  • Allemagne — Arbeitsgericht : justice du travail professionnalisée, juge unique + 2 assesseurs paritaires consultatifs. Délais 3-4 mois, taux d'appel divisé par 2 vs France.
  • Pays-Bas — De Rechtspraak digitaal : dématérialisation intégrale de la justice civile depuis 2018, plateforme unique citoyen + avocat + juge. Délai moyen 6 mois.
  • Royaume-Uni — Commercial Court : juridiction spécialisée de haut niveau, attire ~50 % du contentieux commercial international. Délais 12-18 mois pour affaires complexes.
  • Danemark — Ombudsman + justice administrative rapide : délai 6-9 mois administratif. Autonomie de la justice reconnue comme meilleure en Europe (indice CEPEJ).
  • Italie — Réforme Cartabia 2022 : objectifs de délais opposables au juge (bien qu'imparfaits), fonds européen NextGenerationEU dédié 2,4 Md€ à la digitalisation.
  • Espagne — Ley de Enjuiciamiento Civil 2000 modernisée : dématérialisation LexNET fonctionnelle depuis 2016, délai moyen 8-10 mois.

Articulation avec les mesures déjà votées du programme :

  • Pacte d'autorité républicaine couvre : +5 000 magistrats, +10 000 greffiers, 15 000 places de prison, application effective des peines, doctrine générale. Ne pas re-compter ces moyens.
  • Justice pénale humaine et efficace couvre : la partie pénale (procédure, prison, réhabilitation, restaurative pénale, perpétuité, mineurs pénal). Ne pas re-compter.
  • Cette mesure couvre uniquement : la partie civile, prud'homale, administrative, commerciale + l'indépendance institutionnelle + l'accès aux droits + les MARD.

Mesure

Sommaire des 9 axes :

  • Axe A — Célérité — délais objectifs opposables
  • Axe B — Numérique de la justice refondu (Portalis 2.0, PORTAILS citoyen, e-Barreau)
  • Axe C — Aide juridictionnelle refondée
  • Axe D — Prud'hommes refondés (modèle allemand Arbeitsgericht)
  • Axe E — Justice commerciale et économique
  • Axe F — Justice administrative
  • Axe G — Indépendance renforcée — CSM constitutionnel autonome
  • Axe H — Aide aux victimes — guichet unique et indemnisation rapide
  • Axe I — MARD — médiation obligatoire pré-contentieuse

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Axe A — Célérité — délais objectifs opposables

  • Objectifs chiffrés opposables dans une Loi de Programmation Justice 2028-2035 :
    • Justice civile 1ʳᵉ instance : délai moyen <12 mois en 5 ans (vs 14 aujourd'hui).
    • Prud'hommes : délai moyen <9 mois en 5 ans (vs 16 aujourd'hui — objectif majeur).
    • Justice administrative 1ʳᵉ instance : délai moyen <14 mois en 5 ans (vs 18 aujourd'hui).
    • Cour de cassation civile : délai <18 mois en 5 ans (vs ~24 aujourd'hui).
    • Cour administrative d'appel : délai <16 mois en 5 ans.
  • Contrôle et publication annuelle par la Cour des comptes + CSM — évaluation contradictoire.
  • Réforme procédurale pour désengorger :
    • Généralisation du juge unique pour les litiges civils < 10 000 € (aujourd'hui < 5 000 €).
    • Extension de la procédure d'ordonnance sur requête pour les cas non contentieux.
    • Généralisation de la médiation pré-contentieuse (voir Axe I).
    • Simplification de la procédure d'appel : filtrage plus strict des appels dilatoires.

Axe B — Numérique de la justice refondu

  • Diagnostic : Portalis (plateforme lancée 2016) a coûté ~500 M€ pour un déploiement partiel et instable. PORTAILS (accès citoyen) est peu utilisé faute d'ergonomie.
  • Refonte structurelle :
    • Portalis 2.0 : refonte technique complète, migration vers un socle open source, gouvernance produit modernisée (méthode agile, PO dédiés, itérations 3 mois). Cible : 100 % des juridictions équipées et actives d'ici 3 ans.
    • PORTAILS Citoyen 2.0 : interface utilisateur repensée avec les usagers (tests UX, focus groups, ergonomie mobile-first). Suivi des affaires en temps réel, notifications automatiques, dépôt de pièces sans avocat pour les procédures simples.
    • e-Barreau généralisé : plateforme unique avocat-magistrat-greffier, avec API standardisée, signature électronique qualifiée, archivage probant.
    • Dématérialisation 100 % des actes non contentieux : certifications, apostilles, mainlevées, mentions marginales, actes notariés simples — pas de déplacement physique nécessaire.
    • Interconnexion des fichiers judiciaires avec les bases interministérielles (Casier judiciaire, RCS, RNPP, FICOBA) via France Connect Justice.
  • Sécurité et souveraineté :
    • Hébergement en cloud souverain.
    • Chiffrement de bout en bout des données sensibles.
    • Traçabilité et journalisation intégrales.
  • Formation massive des personnels : ~50 000 magistrats et greffiers à former, budget dédié 100 M€.
  • Investissement total : 1 Md€ sur 5 ans (dont 400 M€ Portalis 2.0, 200 M€ PORTAILS Citoyen, 200 M€ e-Barreau, 200 M€ formation et infrastructure).

Axe C — Aide juridictionnelle refondée

  • Diagnostic : plafond de ressources actuel ~1 SMIC/mois exclut de nombreuses classes moyennes qui pourtant ne peuvent pas payer un avocat. Rémunération des avocats commis d'office (UV à 32 €) largement en dessous du coût réel (~55-60 €/h).
  • Réforme :
    • Plafond de ressources porté à 1,5 SMIC (~2 300 €/mois pour une personne seule, vs ~1 500 € aujourd'hui). Extension aux classes moyennes basses.
    • Barème progressif : aide totale jusqu'à 1 SMIC, aide dégressive 1 → 1,5 SMIC (contribution du bénéficiaire de 20 à 50 %).
    • Revalorisation de l'Unité de Valeur (UV) : 32 € → 40 € en 3 ans (rattrapage inflation + reconnaissance du travail réel).
    • Guichet unique numérique national : dématérialisation totale de la demande, décision automatique < 15 jours pour les dossiers standard.
    • Contrôle a posteriori renforcé : lutte contre les fraudes (cumul aides, dissimulation revenus).
  • Aide juridictionnelle familiale renforcée : divorce, garde d'enfants, séparations conflictuelles — accompagnement social couplé à l'accompagnement juridique.
  • Budget : ~500 M€/an actuels → ~900 M€/an en régime de croisière (+400 M€/an).

Axe D — Prud'hommes refondés (modèle allemand Arbeitsgericht)

  • Diagnostic : le paritarisme intégral bloque ~30 % des affaires en départage. Formation des conseillers insuffisante. Délais catastrophiques (16 mois hors appel, 28 avec appel).
  • Réforme structurelle :
    • Création d'un Tribunal Social de Proximité dans chaque département, présidé par un magistrat professionnel (juge social spécialisé).
    • Deux assesseurs paritaires consultatifs (1 salarié, 1 employeur), élus comme aujourd'hui, avec voix consultative.
    • Décision finale par le magistrat professionnel, tenant compte de l'avis des assesseurs — modèle allemand Arbeitsgericht, qui a divisé par 4 les délais.
  • Formation des juges sociaux professionnels : ENM (École Nationale de la Magistrature) intègre une filière dédiée. Objectif 1 500 magistrats sociaux professionnels d'ici 5 ans (partie des +5 000 magistrats Pacte d'autorité — non re-compté).
  • Formation des assesseurs paritaires : renforcée à 80 h obligatoires (vs 40 h aujourd'hui), en partenariat avec les syndicats et le MEDEF.
  • Compétence élargie :
    • Contentieux du travail classique (licenciement, harcèlement, rupture conventionnelle, salaires impayés).
    • Contentieux collectifs (accord d'entreprise, négociation collective).
    • Contentieux de la protection sociale (URSSAF, Pôle emploi devenu France Travail, retraites) — actuellement dispersé entre TASS, TC, prud'hommes.
  • Objectif délais : 9 mois maximum en 1ʳᵉ instance en 5 ans.
  • Coût : formation, équipement, immobilier → ~200 M€/an × 5 = 1 Md€ additionnel.

Axe E — Justice commerciale et économique

  • Diagnostic : juges consulaires bénévoles compétents mais mal formés. La France perd du contentieux international au profit des Commercial Courts anglo-saxonnes.
  • Réforme :
    • Formation obligatoire des juges consulaires portée à 200 h + certification avant prise de fonction (vs 72 h aujourd'hui).
    • Rémunération des juges consulaires dans les affaires complexes (au-delà de 3 M€ de contentieux) : indemnité de vacation à 500 €/audience (aujourd'hui bénévoles intégraux).
    • Chambres commerciales internationales créées à Paris, Marseille, Bordeaux, Lyon, Strasbourg — modèle Commercial Court UK. Procédure en anglais possible.
    • Renforcement du Parquet National Financier (PNF) : +50 magistrats + 100 assistants spécialisés (fiscalistes, banquiers, comptables). Cohérence avec la mesure Stratégie d'équilibre budgétaire (lutte contre l'évasion fiscale).
    • Articulation renforcée avec DGCCRF, AMF, ACPR : partage des saisines et des expertises.
  • Justice des entreprises en difficulté :
    • Modernisation des procédures de sauvegarde, redressement, liquidation.
    • Formation des mandataires judiciaires et administrateurs.
    • Numérisation intégrale des procédures (dossiers, votes des créanciers, cessions).
  • Coût : ~150 M€/an × 5 = 750 M€ additionnels.

Axe F — Justice administrative

  • Diagnostic : tribunaux administratifs et Cours administratives d'appel sous-dotés. Délai 18 mois qui bloque les projets d'investissement (BTP, énergie, urbanisme).
  • Réforme :
    • +200 magistrats administratifs sur 5 ans (partie des recrutements Justice, non re-compté).
    • Dématérialisation intégrale via l'application Télérecours (déjà en place mais à moderniser).
    • Objectif délai <14 mois en 5 ans (vs 18 aujourd'hui).
    • Rescrit administratif généralisé : possibilité pour tout justiciable ou entreprise de demander une position officielle de l'administration sur une question de droit, opposable (modèle fiscal étendu à toute l'administration).
  • Filtre des recours dilatoires en matière d'urbanisme :
    • Recours abusifs systématiquement sanctionnés (dommages-intérêts, article L. 600-7 CU renforcé).
    • Référé urbanisme accéléré : décision <2 mois pour les grands projets.
    • Cohérence avec Logement complet (accélération permis) et Politique de la ville (renouvellement urbain).
  • Coût : ~50 M€/an × 5 = 250 M€ additionnels.

Axe G — Indépendance renforcée — CSM constitutionnel autonome

  • Diagnostic : le CSM manque d'autonomie budgétaire et administrative. Les procureurs sont nommés par le Ministre de la Justice après avis simple (non contraignant) du CSM. La CEDH a condamné ce système à plusieurs reprises.
  • Réforme constitutionnelle :
    • Autonomie budgétaire du CSM : budget voté séparément par le Parlement, non contrôlé par le Ministre de la Justice.
    • Autonomie administrative : personnel propre du CSM, système d'information dédié.
    • Avis conforme obligatoire du CSM pour la nomination des procureurs — aligne le régime des procureurs sur celui des magistrats du siège.
    • Composition renouvelée : parité magistrats / personnalités qualifiées, dont 1 avocat, 1 professeur de droit, 1 représentant société civile.
    • Sanctuarisation budgétaire de la Justice : inscription dans la Constitution d'un plancher de 3,5 % du PIB pour le budget Justice.
  • Statut du magistrat :
    • Revalorisation salariale : +15 % en 5 ans (rattrapage vs pays comparables OCDE). Cohérence avec le budget Justice à 3,5 % PIB.
    • Fin des vacations « emplois précaires » — titularisation des magistrats à titre temporaire (MTT).
    • Formation continue obligatoire : 40 h/an minimum, financement ENM renforcé.
  • Voie référendaire :
    • Réforme constitutionnelle par voie de référendum (art. 89 C ou 11 C), pour garantir la légitimité démocratique.
    • Cohérence avec Démocratie directe à la suisse — le référendum sur les grandes réformes institutionnelles est la norme.
  • Coût : refonte SI CSM, autonomie budgétaire, revalorisations → ~100 M€/an × 5 = 500 M€ additionnels.

Axe H — Aide aux victimes — guichet unique et indemnisation rapide

  • Diagnostic : dispositif fragmenté entre FGTI, associations, mairies, tribunaux. Délais d'indemnisation 8-12 mois, insuffisant.
  • Réforme :
    • Guichet Unique Numérique National d'Aide aux Victimes : plateforme dédiée, orientation automatique vers les dispositifs adaptés (FGTI, associations, aide juridictionnelle, accompagnement psy, procédures pénales/civiles).
    • Généralisation des Bureaux d'Aide aux Victimes (BAV) dans 100 % des juridictions (vs 60 % aujourd'hui). Ouverture 6/7 jours.
    • Renforcement du Fonds de Garantie des Victimes (FGTI) : +200 M€/an, financé par une hausse ciblée de la contribution obligatoire sur les contrats d'assurance.
    • Indemnisation en <3 mois pour les victimes d'infractions graves : blessures corporelles, viols, homicides. Provision partielle sous 15 jours.
    • Justice restaurative civile : médiation entre victime et auteur pour litiges civils (rupture familiale, conflit de voisinage, harcèlement), non re-comptée).
  • Aide aux victimes de violences intra-familiales (VIF) — cohérence avec la mesure Égalité Femmes-Hommes :
    • Renforcement des Unités Médico-Judiciaires (UMJ).
    • Ordonnance de protection délivrée en <6 heures (déjà dans Égalité F/H, non re-compté).
  • Coût : ~100 M€/an × 5 = 500 M€ additionnels.

Axe I — MARD — Modes Alternatifs de Règlement des Différends

  • Diagnostic : la France est parmi les pays européens où la médiation est le moins pratiquée (<1 % des contentieux). Coût social, économique et humain énorme des procédures longues qui pourraient être évitées.
  • Réforme :
    • Médiation obligatoire préalable pour les litiges civils < 10 000 € (hors urgence, hors ordre public) : consommation, voisinage, copropriété, petites successions, contentieux locatif simple.
    • Généralisation des Conciliateurs de Justice bénévoles : +5 000 ETP (vs 2 300 aujourd'hui), formés à 80 h, indemnités renforcées (2 000 €/an).
    • Médiation professionnelle pour les litiges plus complexes (10 000 € - 100 000 €) : médiateurs certifiés inscrits sur les listes des Cours d'appel.
    • Justice participative : convention de procédure participative encouragée par un forfait aide juridictionnelle spécifique.
    • Formation des avocats à la médiation : intégration dans le cursus obligatoire ENFA (école nationale du barreau).
  • Modèle italien Réforme Cartabia 2022 : la médiation obligatoire préalable dans certains contentieux a réduit de 30 % le contentieux entrant en 3 ans.
  • Coût : formation conciliateurs, indemnités, plateforme MARD → ~50 M€/an × 5 = 250 M€ additionnels.

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Articulation avec les mesures déjà votées (anti-doublon)

SujetDéjà couvert parPrécisé ici
Recrutement +5 000 magistratsPacte d'autoritéNon re-budgété — dimensionne les axes A/D/F
Recrutement +10 000 greffiersPacte d'autoritéNon re-budgété
Places de prison +15 000Pacte d'autorité + Justice pénaleNon re-budgété
Budget Justice 3,5 % PIBJustice pénaleConstitutionnalisation (Axe G)
Justice restaurative pénaleJustice pénaleExtension civile (Axe H)
Peines plancher récidivePacte d'autoritéNon retraité
Justice des mineurs pénaleJustice pénale + PacteNon retraité
Ordonnance de protection VIFÉgalité F/HNon re-budgétée (Axe H)
  • Pacte d'autorité républicaine — cadre général autorité, recrutements magistrats/greffiers.
  • Justice pénale humaine et efficace — pendant pénal (procédure, prison, réhabilitation).
  • Numérique et souveraineté — cloud souverain SecNumCloud pour hébergement Portalis 2.0.
  • Démocratie directe à la suisse — voie référendaire pour la réforme constitutionnelle du CSM.
  • Logement complet + Politique de la ville — accélération de la justice administrative (recours urbanisme).
  • Égalité Femmes-Hommes — aide aux victimes VIF, ordonnance de protection rapide.
  • Stratégie d'équilibre budgétaire — renforcement PNF (lutte évasion fiscale).
  • ASU + ADU — accompagnement juridique et social des personnes en précarité.

Public cible

Bénéficiaires directs :

  • Justiciables civils (~2,5 M/an) : divorce, succession, litige commercial, voisinage, dommages corporels. Délais divisés par 1,5 en 5 ans.
  • Salariés en conflit (~150 000/an devant prud'hommes) : délais 16 mois → 9 mois, taux d'appel divisé par 2.
  • Victimes d'infractions (~1 M/an) : guichet unique, indemnisation <3 mois, accompagnement renforcé.
  • Classes moyennes basses : accès à l'aide juridictionnelle étendu (plafond 1 SMIC → 1,5 SMIC), ~500 000 nouveaux bénéficiaires potentiels.
  • Entreprises : justice commerciale professionnalisée, justice administrative accélérée pour les projets d'investissement.
  • Avocats commis d'office : revalorisation UV 32 → 40 € = reconnaissance du travail réel.
  • Magistrats et greffiers : indépendance CSM renforcée, budget sanctuarisé, revalorisation.

Bénéficiaires indirects :

  • Économie française : les délais judiciaires longs pèsent ~1-2 pt de PIB (études OCDE). Accélération = gains de productivité et d'investissement.
  • BTP et énergie : recours urbanisme accéléré = déblocage des projets.
  • Cohésion sociale : la lenteur de la justice mine la confiance dans les institutions. Célérité = confiance restaurée.

Non-bénéficiaires assumés :

  • Requêtes abusives ou dilatoires : filtrage renforcé, sanctions financières.
  • Fraudeurs à l'aide juridictionnelle : contrôles renforcés.
  • Prud'hommes paritaristes intégralistes : perte du monopole décisionnel (transfert au magistrat professionnel).

Créations d'emplois :

  • +5 000 conciliateurs de justice bénévoles (indemnisés).
  • +200 magistrats administratifs (partie des +5 000 magistrats du Pacte, non re-comptés).
  • +50 magistrats + 100 assistants PNF (renforcement Parquet National Financier).
  • +1 500 magistrats sociaux professionnels (partie des +5 000 magistrats du Pacte, non re-comptés).
  • ~5 350 ETP nouveaux financés directement par cette mesure (bénévoles conciliateurs indemnisés + PNF).

Financement

Coût brut sur 5 ans : ~5,5 Md€

Décomposition :

  • Numérique de la justice refondu (Axe B) : 1 Md€
    • Portalis 2.0 refonte : 400 M€.
    • PORTAILS Citoyen 2.0 : 200 M€.
    • e-Barreau généralisé : 200 M€.
    • Formation personnels + infrastructure : 200 M€.
  • Aide juridictionnelle refondée (Axe C) : +400 M€/an × 5 = 2 Md€
    • Revalorisation UV 32 → 40 € : ~200 M€/an.
    • Extension plafond 1 SMIC → 1,5 SMIC : ~150 M€/an.
    • Guichet unique numérique + contrôles : ~50 M€/an.
  • Prud'hommes refondés (Axe D) : +200 M€/an × 5 = 1 Md€
    • Formation magistrats sociaux professionnels : 100 M€/an.
    • Formation assesseurs paritaires 80 h : 30 M€/an.
    • Immobilier et équipement Tribunaux Sociaux de Proximité : 70 M€/an.
  • Justice commerciale et PNF (Axe E) : +150 M€/an × 5 = 750 M€
    • Formation juges consulaires 200 h : 30 M€/an.
    • Indemnités vacations juges consulaires affaires complexes : 20 M€/an.
    • Chambres commerciales internationales : 40 M€/an.
    • PNF +50 magistrats + 100 assistants : 60 M€/an.
  • Justice administrative (Axe F) : +50 M€/an × 5 = 250 M€
    • Dématérialisation Télérecours 2.0.
    • Rescrit administratif généralisé.
  • CSM autonome et statut magistrat (Axe G) : +100 M€/an × 5 = 500 M€
    • Autonomie budgétaire CSM : 30 M€/an.
    • Revalorisation salariale magistrats +15 % : 60 M€/an supplémentaires (au-delà du budget Justice existant).
    • SI CSM + gouvernance : 10 M€/an.
  • Aide aux victimes (Axe H) : +100 M€/an × 5 = 500 M€
    • FGTI renforcé +200 M€/an cofinancé par assurances (non re-comptés dans budget État).
    • Guichet Unique Numérique + BAV généralisés : 100 M€/an.
  • MARD (Axe I) : +50 M€/an × 5 = 250 M€
    • Conciliateurs de justice +5 000 (indemnisés 2 000 €/an) : 10 M€/an.
    • Formation médiateurs + plateforme MARD : 20 M€/an.
    • Justice participative + forfait AJ MARD : 20 M€/an.

Total brut additionnel : ~5,5 Md€ sur 5 ans (~1,1 Md€/an moyen).

Recettes et économies attendues : ~1 Md€ sur 5 ans

  • Économies célérité et désengorgement :
    • Moins de contentieux longs = moins d'assistances à la Cour d'appel (pondération) : ~100 M€/an d'économie diffuse.
    • Résolution MARD divise par 5 le coût unitaire par affaire (études Cour des comptes) : ~50 M€/an d'économie.
  • Recettes PNF renforcé : indirect, via récupération de créances fiscales évadées.
    • Estimation prudente : les 50 magistrats + 100 assistants supplémentaires du PNF permettent de traiter ~30 % de dossiers en plus. Récupération estimée : ~200 M€/an supplémentaires. Cumul 5 ans : ~1 Md€ (déjà partiellement compté dans Stratégie d'équilibre budgétaire — non re-compté ici, on retient 200 M€ nets).
  • Économies aide juridictionnelle :
    • Guichet unique numérique + contrôles renforcés = -5 % de fraude estimée : ~25 M€/an.
  • Sanctions procédures abusives :
    • Filtre urbanisme renforcé + amendes procédures dilatoires : ~50 M€/an de recettes.

Coût net sur 5 ans : ~+4,5 Md€ (~900 M€/an moyen).

Impact sur le solde global du programme :

  • Nouvelle mesure Justice civile & institutionnelle : -4,5 Md€ net.
  • Solde consolidé du programme complet (102 mesures) : ~+35 Md€ d'excédent net sur 5 ans (~+7 Md€/an). Voir la Synthèse pour le détail.

Financement direct : budget Justice porté à 3,5 % PIB (déjà voté dans Justice pénale humaine et efficace) → l'enveloppe globale absorbe cet effort. Recettes additionnelles PNF (partiellement) et lutte contre les recours abusifs.

Effets macroéconomiques indirects (non chiffrés dans le solde) :

  • Investissement débloqué : accélération des recours administratifs = gain de PIB estimé à ~+0,1-0,2 pt/an sur 5-10 ans (BTP, énergie, urbanisme).
  • Confiance restaurée : la lenteur de la justice est l'une des principales causes de défiance dans les institutions (Cevipof) — la célérité restore cette confiance.
  • Attractivité contentieuse internationale : chambres commerciales internationales à Paris = fuite du contentieux inversée = ~+10 000 emplois qualifiés sur 10 ans (barreau, expertise judiciaire).
  • Cohésion sociale : justice qui protège les faibles (aide juridictionnelle élargie), sanctionne les abus (dilatoires), reconnaît les victimes (guichet unique) = ciment républicain.

Calendrier

  • An 1. Vote de la Loi de Programmation Justice 2028-2035. Lancement de la refonte Portalis 2.0 (équipe produit, prototype 12 mois). Extension plafond aide juridictionnelle à 1,3 SMIC en transition. Formation initiale des premiers juges sociaux professionnels. Lancement révision constitutionnelle CSM (débat parlementaire + référendum planifié en an 2).
  • An 2. Portalis 2.0 en pilote sur 20 juridictions. Aide juridictionnelle à 1,5 SMIC pleinement en vigueur, UV à 36 €. Tribunaux Sociaux de Proximité opérationnels dans 30 départements pilotes. +2 000 conciliateurs de justice recrutés. Référendum constitutionnel CSM (voie art. 89 C ou 11 C).
  • An 3. Portalis 2.0 généralisé à toutes les juridictions. PORTAILS Citoyen 2.0 en ligne. Tribunaux Sociaux généralisés. Chambres commerciales internationales ouvertes à Paris, Marseille, Lyon. UV à 40 € — objectif atteint. Médiation obligatoire pré-contentieuse pour litiges <10 000 € en vigueur. CSM autonome opérationnel (post-référendum).
  • An 4. Délais civils <13 mois, prud'hommes <11 mois, administratif <15 mois — objectifs à 80 %. Guichet Unique Aide aux Victimes national opérationnel. Bilan intermédiaire par Cour des comptes + CSM. +5 000 conciliateurs de justice atteint. PNF +50 magistrats + 100 assistants pleinement opérationnels.
  • An 5. Objectifs délais atteints à 95 % : civil <12, prud'hommes <9, administratif <14 mois. Bilan complet Loi de Programmation Justice. Rédaction 2ᵉ Loi de Programmation 2033-2040. Évaluation Cevipof de la confiance dans la justice (attendu +15 pts vs 2024).

Indicateurs de succès

  • Délai moyen procédure civile 1ʳᵉ instance (objectif : 14 → <12 mois en 5 ans).
  • Délai moyen procédure prud'homale 1ʳᵉ instance (objectif : 16 → <9 mois en 5 ans).
  • Délai moyen procédure administrative 1ʳᵉ instance (objectif : 18 → <14 mois en 5 ans).
  • Nombre de bénéficiaires de l'aide juridictionnelle (objectif : 1,05 M → ~1,5 M en 5 ans).
  • Rémunération de l'Unité de Valeur des avocats commis (objectif : 32 → 40 € en 3 ans).
  • Taux d'adoption de Portalis 2.0 dans les juridictions (objectif : 40 % → 100 % en 3 ans).
  • Taux d'appel des décisions prud'homales (objectif : 65 % → 35 % en 5 ans).
  • Nombre de conciliateurs de justice actifs (objectif : 2 300 → 7 300 en 5 ans).
  • Délai moyen d'indemnisation des victimes d'infractions graves (objectif : 8-12 mois → <3 mois).
  • Confiance dans la justice (Cevipof — objectif : +15 pts en 5 ans).
  • Part du contentieux commercial international traité en France (objectif : reconquête +30 %).
  • Budget Justice / PIB (objectif : 0,3 % → 0,45 % en 5 ans, 0,5 % en 10 ans — cohérence Justice pénale).

Sources

Analyse IA — bientôt disponible

L'analyse contradictoire (conséquences, parallèles internationaux, score de réalisme) sera ajoutée par la phase 4 du projet.

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