Une expérimentation citoyenne, chiffrée et sourcée. Pas une candidature, pas un parti — ouverte au débat.

Chiffrons

Filière hydrogène vert souverain — gigafactory électrolyseurs française (3 GW/an), IPCEI Hydrogène européen, débouchés sidérurgie / fertilisants / raffineries / transport lourd, 10 hubs régionaux H2

L'hydrogène vert est la pièce manquante de la transition pour les secteurs qui ne peuvent pas être directement électrifiés : sidérurgie, fertilisants, chimie lourde, raffineries (pour leur propre conversion), transport maritime, aéronautique, poids lourds longue distance. Si la France n'investit pas massivement maintenant, l'Allemagne, le Japon et la Chine domineront le marché 2030-2050. Le programme propose 5 axes : (1) Gigafactory française d'électrolyseurs cofinancée par BPI (~3 GW/an de capacité installée à terme — équivalent stratégique aux gigafactories batteries) ; (2) IPCEI Hydrogène européen avec leadership français (~7 Md€ d'aides d'État européennes compatibles) ; (3) Plan demande structurante — sidérurgie (décarbonation ArcelorMittal Dunkerque/Fos), fertilisants (Yara, Borealis), raffineries (TotalEnergies, Esso), transport lourd ; (4) 10 hubs régionaux H2 (Dunkerque, Le Havre, Fos-sur-Mer, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Nantes, Toulouse, La Réunion, Guyane) ; (5) Infrastructure réseaux et stockage : conversion progressive des réseaux gaz existants vers H2 (modèle néerlandais HyTransport, ~1 000 km de pipeline H2 d'ici 2032). Coût net 5 ans : +5 Md€ (investissement structurel).

Coût brut

9.0 Mds €

Coût net

5.0 Mds €

Vecteur juridique

Loi ordinaire + LF (cofinancement BPI Hydrogène) + accord UE IPCEI Hydrogène + décrets ADEME

Diagnostic

L'hydrogène vert : pièce maîtresse de la décarbonation des secteurs « difficiles à abattre » :

Selon AIE (Agence Internationale de l'Énergie), France Hydrogène, ADEME 2024 :

  • Secteurs non-électrifiables directement : sidérurgie (haut-fourneau), fertilisants ammoniac, chimie lourde, raffinage, transport maritime, aviation, transport routier longue distance. Total : ~25 % des émissions GES françaises.
  • Solution hydrogène vert : production par électrolyse de l'eau alimentée par EnR (solaire/éolien/nucléaire bas-carbone). Bilan carbone proche de zéro.
  • Consommation actuelle française d'hydrogène : ~1 Mt/an, dont 95 % gris (produit à partir de gaz fossile, ~10 t CO2/t H2 émise). Conversion vers vert = enjeu massif.

Le retard français et l'opportunité industrielle :

  • Plan Hydrogène France 2020-2030 : 9 Md€ engagés, mais déploiement lent et dispersé.
  • Comparaison internationale :
    • Allemagne : 9 Md€ + IPCEI Hydrogène pilote, +30 GW électrolyseurs visés en 2030
    • Japon : stratégie nationale H2 depuis 2017, leadership Toyota Mirai (véhicules à pile à combustible)
    • Pays-Bas : Plan HyTransport (réseau pipeline H2 national), 4 GW en 2030
    • Chine : 700 MW d'électrolyseurs produits en 2023 (vs ~50 MW en France) → risque domination chinoise du marché
    • USA : Inflation Reduction Act (IRA) — crédit d'impôt 3 $/kg H2 vert = aide massive

Risque : sans investissement massif rapide, la France perdra cette filière comme elle a perdu le solaire photovoltaïque (panneaux 90 % chinois) et le risque pour les batteries.

  • Création d'une gigafactory française d'électrolyseurs PEM (Proton Exchange Membrane) et alcalins : capacité 3 GW/an d'ici 2030 (vs ~100 MW production France 2024).
  • Cofinancement BPI Hydrogène + IPCEI Hydrogène : ~3 Md€ part française sur 5 ans.
  • Localisation : Dunkerque, Fos-sur-Mer, ou Mulhouse (proximité industries sidérurgie/chimie + réseau EnR).
  • Acteurs : John Cockerill, Elogen, McPhy, partenariats européens (Siemens Energy, Nel).
  • Objectif : 30 % de part de marché électrolyseurs européens d'ici 2032.

Axe B — IPCEI Hydrogène européen avec leadership français

  • L'IPCEI Hydrogène (Important Project of Common European Interest) déjà partiellement engagé en 2022.
  • Position française : leadership dans les phases 2 et 3, ~7 Md€ d'aides d'État compatibles aides européennes.
  • Effet : aides d'État compatibles avec le droit communautaire, levier européen multiplié.

Axe C — Plan demande structurante (débouchés)

  • Sidérurgie : ArcelorMittal Dunkerque + Fos-sur-Mer → conversion haut-fourneau vers DRI-H2 (Direct Reduction Iron with H2). Coût : ~6 Md€ cofinancement État (~30 %).
  • Fertilisants : Yara Le Havre, Borealis → conversion ammoniac H2 vert. Coût : ~1 Md€.
  • Raffineries : TotalEnergies + Esso → conversion H2 vert pour leur propre fonctionnement. Cofinancement : ~500 M€.
  • Transport poids lourds : 5 000 camions H2 longue distance d'ici 2032.
  • Aviation et maritime : R&D et premiers prototypes (Airbus ZEROe horizon 2035).

Axe D — 10 hubs régionaux H2

  • Hubs identifiés : Dunkerque, Le Havre, Fos-sur-Mer, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Nantes, Toulouse, La Réunion, Guyane.
  • Chaque hub regroupe : 1+ électrolyseur, stockage, distribution, débouchés industriels et transport.
  • Cofinancement : 50 % État + Région + Opérateurs privés.

Axe E — Infrastructure réseaux et stockage

  • Conversion progressive des réseaux gaz : ~1 000 km de pipeline H2 d'ici 2032 (modèle néerlandais HyTransport).
  • Stockage géologique : utilisation des cavités salines existantes (vaste potentiel en France, ex. Étrez).
  • Carte nationale H2 : objectif 80 % des consommateurs industriels français à <100 km d'un hub H2.

Articulation programmatique avec les autres mesures

  • Plan France Climat 2030 : décarbonation sidérurgie + chimie + raffinage.
  • Souveraineté minière : platine et iridium pour électrolyseurs (à sécuriser).
  • Mobilité quotidienne : transport poids lourds H2 longue distance.
  • Outre-mer : Réunion et Guyane laboratoires H2 vert intégrés.
  • Souveraineté médicaments : modèle IPCEI transposé.

Public cible

Directement concernés :

  • ~50 grands industriels français : sidérurgie, fertilisants, chimie, raffinage
  • ~30 000 emplois directs dans la filière H2 française d'ici 2032
  • 10 régions accueillant les hubs H2

Bénéficiaires indirects :

  • L'industrie française dans son ensemble (décarbonation + compétitivité)
  • Climat : -15 % émissions industriels lourds en 5 ans, -40 % en 10 ans

Financement

Coût brut sur 5 ans : ~9 Md€

  • Gigafactory électrolyseurs (cofinancement) : 3 Md€
  • Conversion sidérurgie Dunkerque + Fos (DRI-H2) : 3 Md€
  • Conversion fertilisants + raffineries : 1 Md€
  • 10 hubs régionaux H2 : 1,5 Md€
  • Infrastructure pipeline et stockage : 500 M€

Économies brutes / recettes sur 5 ans : ~4 Md€

  • Recettes IS et emplois nouveaux filière H2 : ~2 Md€
  • Réduction des importations énergétiques (effet décarbonation industrielle) : ~1 Md€
  • Contributions UE IPCEI Hydrogène : ~1 Md€

Solde net sur 5 ans : ~+5 Md€ (investissement structurel).

ROI à 10-20 ans : positionnement de la France dans une filière à plusieurs centaines de Md€ globaux d'ici 2050. Indépendance énergétique consolidée.

Calendrier

  • An 1. Adoption loi cadre. Création BPI Hydrogène. Site gigafactory choisi (appel à projets). Lancement IPCEI Hydrogène phases 2 et 3. Premiers MOU avec sidérurgie et fertilisants.
  • An 2. Construction gigafactory démarrée. Premier hub régional H2 opérationnel (Dunkerque). Conversion ArcelorMittal Dunkerque DRI-H2 en cours.
  • An 3. Gigafactory en production : 500 MW électrolyseurs/an. 3 hubs régionaux opérationnels. 100 km pipeline H2 cumulés.
  • An 4. 1,5 GW production électrolyseurs cumulés. 6 hubs opérationnels. Sidérurgie ArcelorMittal Dunkerque DRI-H2 effective (1ʳᵉ aciérie sans haut-fourneau).
  • An 5. Régime cible : 3 GW/an de production électrolyseurs, 10 hubs régionaux, 1 000 km pipeline H2. 30 % part marché européen. Bilan public complet.

Indicateurs de succès

  • Capacité de production d'électrolyseurs en France (objectif : 100 MW → 3 GW/an en an 5).
  • Nombre de hubs régionaux H2 opérationnels (objectif : 10 en an 5).
  • Part d'hydrogène vert dans la consommation française (objectif : 5 % → 50 % en an 5).
  • Émissions CO2 sidérurgie française (objectif : -50 % en an 5).
  • Kilomètres de pipeline H2 (objectif : 1 000 km en an 5).
  • Emplois directs filière H2 (objectif : 30 000 en an 5).
  • Part de marché européen électrolyseurs (objectif : 30 % en an 5).

Sources

Analyse IA — bientôt disponible

L'analyse contradictoire (conséquences, parallèles internationaux, score de réalisme) sera ajoutée par la phase 4 du projet.

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