Une expérimentation citoyenne, chiffrée et sourcée. Pas une candidature, pas un parti — ouverte au débat.

Chiffrons

Éducation financière universelle — matière obligatoire en terminale, module obligatoire à chaque embauche, campagne nationale grand public, auto-enrollment au Plan d'Épargne Retraite

Doter chaque Français des compétences financières pour piloter sa propre vie économique : épargner, comprendre l'inflation et les taux, choisir un crédit, préparer sa retraite, éviter le surendettement. Quatre piliers complémentaires : (1) une matière obligatoire en classe de terminale, sanctionnée au bac ; (2) un module obligatoire de 8 heures à chaque entrée en entreprise ; (3) une campagne nationale grand public permanente sur tous les médias ; (4) l'inscription automatique de tout nouvel embauché à un Plan d'Épargne Retraite, avec opt-out facile (modèle britannique). Mesure indispensable pour rendre acceptable et opérationnelle la nouvelle architecture des retraites (plafond public à 2 000 €/mois + Fonds public souverain).

Coût brut

1.7 Mds €

Coût net

1.5 Mds €

Vecteur juridique

Loi ordinaire (Codes éducation, travail, sécurité sociale) + décrets + arrêté programmes scolaires

Diagnostic

La France est l'un des plus mauvais élèves de l'OCDE en matière d'éducation financière des adultes. Les enquêtes de l'AMF (Autorité des marchés financiers) et de la Banque de France produisent des constats systématiques et reproduits depuis 20 ans :

  • ~30 % seulement des Français savent calculer correctement un intérêt composé.
  • ~40 % seulement comprennent l'effet de l'inflation sur le pouvoir d'achat à long terme.
  • ~70 % n'ont jamais entendu parler du PER (Plan d'Épargne Retraite), créé pourtant en 2019.
  • ~50 % ne savent pas distinguer une action d'une obligation.
  • Le taux de surendettement reste élevé : ~165 000 nouveaux dossiers déposés à la Banque de France chaque année, avec un coût estimé pour la collectivité de ~1 Md€/an (procédures, contentieux, accompagnement).

Cette ignorance n'est pas une fatalité. Plusieurs pays ont rapidement et durablement amélioré la situation :

  • Finlande : éducation financière obligatoire depuis 2003 (intégrée aux mathématiques et à l'éducation civique). Aujourd'hui parmi les meilleurs résultats OCDE.
  • Australie : programme MoneySmart porté par l'ASIC, intégré dans les écoles et accessible à tous les adultes. Taux de compréhension financière passé de 53 à 71 % en 15 ans.
  • Royaume-Uni : MoneyHelper Service Network depuis 2017, plus l'auto-enrollment PER de 2012 (adhésion 88 % en quelques années, transformation massive du paysage de l'épargne retraite britannique).
  • Singapour : Money Sense (depuis 2003) intégré école + travail + presse.

L'enjeu pour la France n'est pas seulement individuel. Il est systémique :

  1. Une population qui ne comprend pas la finance est captive des intermédiaires (banques, assurances) et des arnaques.
  2. Une retraite qui ne repose plus à 100 % sur la répartition (cf. mesure E1 — plafond à 2 000 €) ne peut être politiquement acceptée que si chacun comprend comment construire son complément (cf. mesure E2 — Fonds public souverain). Sans éducation financière, le plafond E1 est perçu comme une spoliation. Avec elle, c'est une responsabilisation accompagnée.
  3. La France a un excédent d'épargne (~17 % du revenu disponible brut, parmi les plus élevés de l'UE), mais cette épargne est très massivement placée en livret A, assurance vie en fonds euros et immobilier — peu productive pour l'économie. Une meilleure éducation financière oriente une partie vers l'investissement productif (actions, PME, infrastructure, transition écologique).

Mesure

Pilier 1 — Matière obligatoire en terminale, sanctionnée au baccalauréat

  • Création d'une matière "Éducation financière et économie pratique" à raison de 2 heures hebdomadaires en classe de terminale (toutes voies : générale, technologique, professionnelle).
  • Programme officiel défini par le Conseil supérieur des programmes : budget personnel, épargne, intérêts simples et composés, inflation, crédit, fiscalité de base, retraites, assurance, investissement (actions, obligations, immobilier), arnaques et protection du consommateur, lecture d'un bulletin de paie et d'une feuille d'impôt.
  • Évaluation au baccalauréat : épreuve écrite de 2 heures, coefficient 2 (équivalent à une matière secondaire). Sanctionne réellement les acquis et structure l'enseignement.
  • Manuel scolaire national unique élaboré par le ministère, distribué gratuitement.
  • Formation des professeurs : 5 000 enseignants formés en 2 ans, prioritairement issus des matières SES, mathématiques et histoire-géographie. Reconversion possible depuis d'autres disciplines.

Pilier 2 — Module obligatoire à chaque entrée en entreprise

  • Module de 8 heures dispensé dans les 6 premiers mois suivant tout nouvel embauchage en CDI ou CDD long (> 6 mois). Cumulable et compte dans le compte personnel de formation (CPF).
  • Contenu adapté à l'âge et au niveau : retraite et PER, fiscalité du salaire, épargne court terme, crédit immobilier, assurance, prévoyance.
  • Financement : intégré dans le plan de développement des compétences obligatoire des entreprises, via les OPCO (organismes paritaires collecteurs agréés) déjà existants. Coût net pour l'État : encadrement et certification des formateurs, ~200 M€/an.

Pilier 3 — Campagne nationale grand public permanente

  • Création de l'Agence France Finances Personnelles (AFFP), opérateur public d'éducation financière sous tutelle Bercy + AMF + Banque de France.
  • Plateforme nationale unique (modèle MoneyHelper UK ou MoneySmart australien) : simulateurs, comparateurs, contenus pédagogiques, calculateurs retraite, chat d'assistance.
  • Programmes TV et radio sur le service public (France Télévisions, Radio France) : émissions hebdomadaires de vulgarisation, spots courts à forte audience.
  • Partenariats médias avec presse régionale, web, créateurs YouTube/TikTok pour toucher les jeunes adultes.
  • Mois national de l'éducation financière chaque novembre, comme au Canada.
  • Budget : ~80 M€/an en régime permanent (~120 M€/an les 2 premières années de lancement).

Pilier 4 — Auto-enrollment au Plan d'Épargne Retraite à chaque embauche

  • Toute embauche en CDI ou CDD > 6 mois déclenche l'ouverture automatique d'un PER pour le salarié, avec une cotisation par défaut de 3 % du salaire brut (côté salarié) abondée à 50 % par l'employeur (1,5 % du brut, déductible IS), soit 4,5 % au total.
  • Opt-out facile : le salarié peut désactiver le dispositif en quelques clics dans son espace personnel. Sans opt-out, le mécanisme tourne automatiquement.
  • Choix par défaut : versement orienté vers le Fonds public souverain de retraite (cf. mesure E2 à venir) avec allocation prudente / cycle de vie. Le salarié peut basculer vers un PER privé concurrent à tout moment.
  • Inspiration directe : Pensions Act 2008 du Royaume-Uni, déployé à partir de 2012. Adhésion volontaire avant : ~13 %. Adhésion après auto-enrollment : ~88 %. Effet documenté de transformation massive du paysage retraite britannique.
  • Coût net pour l'État : nul direct (les cotisations sont entre salarié et employeur). Gain indirect : mobilisation d'épargne productive supplémentaire estimée à 10-15 Md€/an dès la 3ᵉ année, dont une partie irrigue le financement de l'économie française et de la transition écologique via le Fonds public souverain.

Articulation programmatique

Cette mesure E3 forme un triptyque cohérent avec E1 et E2 :

  • E1 plafonne la retraite publique à 2 000 € (économies budgétaires structurelles)
  • E2 crée le véhicule de capitalisation public (le Fonds public souverain)
  • E3 donne à chaque Français les outils et le déclencheur pour utiliser E2

Sans E3, E1 est politiquement insoutenable. Avec elle, la refonte du système devient un projet de société.

Public cible

Pilier 1 (lycée) : ~700 000 élèves de terminale par an, soit ~3,5 M de jeunes formés sur le quinquennat.

Pilier 2 (entreprise) : ~2,5 M de nouvelles embauches en CDI/CDD long par an, soit ~12,5 M de salariés formés sur le quinquennat (avec recoupements). En 5 ans, une part substantielle de la population active est passée par le module.

Pilier 3 (campagne) : potentiel d'audience cumulé ~30 M de Français touchés au moins une fois par an.

Pilier 4 (auto-enrollment) : ~2,5 M de nouveaux PER ouverts par an. En 5 ans : ~10-12 M d'actifs supplémentaires couverts par un PER (vs ~6 M actuels), soit doublement du taux de couverture de l'épargne retraite privée.

Financement

Coût brut sur 5 ans : ~1,7 Md€

  • Pilier 1 (lycée) : formation des 5 000 enseignants + manuels + cadrage pédagogique + organisation épreuve bac : ~800 M€ cumulés
  • Pilier 2 (entreprise) : encadrement et certification des formateurs, plateforme nationale de suivi : ~1 Md€ cumulés (mais financement principal via OPCO, donc charge nette État ~400 M€)
  • Pilier 3 (campagne) : Agence France Finances Personnelles + plateforme + programmes audiovisuels + campagnes : ~500 M€ cumulés
  • Pilier 4 (auto-enrollment) : régulation, supervision, plateforme nationale : ~50 M€ cumulés

Économies brutes sur 5 ans : ~200 M€

  • Réduction du surendettement (~165 000 dossiers/an actuellement, coût ~1 Md€/an pour la collectivité) : -20 à -30 % attendu → ~150 M€ cumulés
  • Réduction des contentieux liés aux arnaques financières : ~50 M€ cumulés

Coût net sur 5 ans : ~1,5 Md€, soit ~300 M€/an en moyenne. Mesure très peu coûteuse rapportée à son ambition.

Effets indirects à moyen terme (non comptabilisés dans le net 5 ans) :

  • Mobilisation d'épargne productive supplémentaire ~10-15 Md€/an dès an 3 (auto-enrollment), réinvestie dans l'économie française via le Fonds public souverain et les PER privés.
  • Baisse de la pression sur le budget des retraites à 15-20 ans : si la couverture privée monte de 30 à 60 %, la dépendance au système public diminue mécaniquement.
  • Amélioration du taux d'épargne productive globale, financement de la transition écologique et du tissu industriel français.

Financement : couvert sans difficulté par le programme global (300 M€/an représente 0,03 % du budget de l'État, totalement absorbé par les économies de A et E1).

Calendrier

  • An 1. Adoption parlementaire. Création de l'Agence France Finances Personnelles (AFFP). Définition du programme scolaire par le Conseil supérieur des programmes. Lancement de la formation de 5 000 enseignants. Refonte des outils PER pour l'auto-enrollment.
  • An 2. Rentrée scolaire : matière éducation financière obligatoire en terminale pour toute la cohorte (pilier 1). Lancement du module entreprise obligatoire (pilier 2). Démarrage de la campagne nationale grand public (pilier 3). Activation de l'auto-enrollment PER pour toutes les embauches (pilier 4).
  • An 3. Premier baccalauréat avec épreuve éducation financière notée. Bilan d'application à 18 mois. Premier rapport public de l'AFFP sur l'évolution du niveau de connaissance financière des Français.
  • An 4. 2ᵉ vague de bacheliers ayant suivi la matière. Évaluation indépendante par l'OCDE (programme PISA financial literacy). Premiers effets visibles sur la couverture PER (~70 % des nouveaux embauchés conservent leur PER).
  • An 5. Bilan public complet : évolution du score OCDE de la France, taux de couverture PER, encours du Fonds public souverain, baisse du surendettement. Ajustements paramétriques si nécessaire (taux par défaut auto-enrollment, programmes scolaires).

Indicateurs de succès

  • Score moyen de la France à l'enquête OCDE PISA Financial Literacy (objectif : sortir du tiers inférieur en 5 ans).
  • Pourcentage de Français déclarant comprendre les intérêts composés, l'inflation, le PER (objectif : doubler la base actuelle).
  • Taux de couverture PER chez les actifs (objectif : passer de ~25 % à > 60 % en 5 ans).
  • Encours total des PER en France (objectif : doubler en 5 ans, de ~120 Md€ à ~240 Md€).
  • Nombre de nouveaux dossiers de surendettement à la Banque de France (objectif : -20 % sur 5 ans).
  • Volume d'épargne réorientée vers l'investissement productif (suivi Banque de France).
  • Taux d'adhésion à l'auto-enrollment (objectif : > 85 % après 3 ans, modèle UK).

Sources

Analyse IA — bientôt disponible

L'analyse contradictoire (conséquences, parallèles internationaux, score de réalisme) sera ajoutée par la phase 4 du projet.

Partager cette mesure — dis ce que toi tu ferais

Diffuse-la sur tes réseaux avec ta propre version. Tague @chiffrons.fr et #Chiffrons.

Facebook et LinkedInne reprennent que le lien (limite de ces réseaux) : au clic, ton message est copié — colle-le dans le post.

Sur Instagram / TikTok : scanne le QR ou enregistre la fiche, poste-la en story et tague @chiffrons.fr.

Scanne pour ouvrir la fiche